Une pédagogie de la réussite pour les élèves à haut potentiel. Conférence à Chaville

Quelques axes traités lors de cette conférence.
Mes expériences nombreuses et toutes très différentes les unes des autres en matière pédagogique m’ont appris une chose :La nécessité d’adaptation réciproque (de la part du corps professoral et de l élève). De fait il est improbable qu’il existe une méthode et d’en faire une généralité pour dire ce qu’est la réussite en pédagogie. Nous pouvons parler de méthodes au pluriel pour réussir et donner quelques indications.

I. Tout d’abord, commencer à donner du sens au savoir et parfois, pour les IP qui sont dans la soif de la connaissance, aller au plus difficile pour : 

Intéresser. Voir la globalité du problème et non passer par l’analytique (nécessaire mais qui ne correspond pas immédiatement à la pensée du précoce), rechercher une solution et donner envie de trouver une solution : attiser ainsi la curiosité intellectuelle, développer un challenge

Par exemple, un professeur, une maitresse, peut mettre en place des bonus qui exonère un élève de faire 2 ou 3 exercices faciles ou ajouter des points sur les éléments qui sont généralement des faiblesses de ces élèves : rédaction, soin, clarté, souligne ou encadrer les résultats, faire une évaluation par rapport à la démonstration que l’élève fait de la maîtrise du programme ou du chapitre étudié.

Cette stratégie de la réussite peut marcher quand on observe qu’un élève pour travailler un exercice en maths par exemple, choisit l’axe le plus compliqué au lieu d’aller au plus simple. Ainsi commencer par le plus complexe permet souvent aux enfants précoces d’adhérer au projet de connaissance et ainsi de leur donner du plaisir

II. Premier constat pour qu’un élève réussisse : 

Le plaisir est le moteur de la motivation. Pour les élèves précoces en difficultés cette stratégie peut être séduisante mais elle a du mal a fonctionné car les lacunes pour ceux qui sont au collège et au lycée accumulées sont tellement fortes que ces élèves sont bloqués. Il vaut mieux préconiser ainsi une démarche qui n’est pas forcément agréable immédiatement pour ces élèves mais oh combien utile : l’analytique, le repérage par le détail, agrémenté évidemment d’encadrement, de suivi et de dialogue.

Dans le primaire les élèves qui s’évadent son souvent des élèves qui connaissent déjà, d’où la nécessité d’une pédagogie différenciée. La pédagogie par contrat est absolument nécessaire mais ce contrat doit être dans les 2 sens : chacun y gagne un peu et y perd un peu aussi : en tant qu’adulte, on est obligée de faire un pas vers l’élève et d’accepter un peu de ce que nous n’acceptons pas généralement pour que, in fine, l’élève arrive à notre but. Mais lui donner un objectif à court terme et lui faire confiance pour qu’il l’atteigne sont autant d’éléments qui le poussent à la réussite.
Lourd débat sur la négociation : se mettre d’accord et renoncer en partie pendant quelque temps à l’élève idéal soit, mais une fois que le contrat est fait alors, la négociation devient impossible, donc là aussi, amener l’enfant à tenir ses promesses (d’où la nécessité de petits objectifs au départ, pour que le contrat tienne !).

III. Les recommandations :

Dès le jeune âge, mette en place une stratégie du travail dont on a besoin toute sa vie, que l’on soit précoce ou non d’ailleurs. Mais nous sommes tant tentés de laisser passer parce que notre enfant comprend tout… or comprendre n’est pas savoir et les rituels de travail sont indispensables au savoir et surtout au travail dans les classes supérieures telles les Prépa. Ces règles sont à apprendre dès le jeune âge, de la même façon que les règles de conduite en famille (on leur apprend à ne pas les transgresser pour qu’après, en classe, ils n’aient pas envie et ne se sentent pas autoriser à les transgresser).  Et c’es à nous de prendre la relève des familles pour faire comprendre qu’il y a une véritable jouissance à l’effort et au travail et que la meilleure récompense est la réussite et la fierté de soi.

Le 14 février 2012

Journée portes ouvertes ipécom paris

Journée Portes Ouvertes le 6 février 2016

IPECOM, la prépa parisienne aux Grandes Écoles de Commerce organisera sa Journée Portes Ouvertes le samedi 6 février 2016, de 11H à 17H. L’entrée est ouverte à tous sans inscription au 8, Rue Benjamin Godard –PARIS 16ème.

Ce jour-là, les lycéens et leurs parents découvriront la Prépa IPECOM, et les responsables pédagogiques et enseignants répondront à toutes leurs questions. Les lycéens pourront aussi poser toutes les questions qu’ils souhaitent aux préparationnaires et aux anciens élèves de la Prépa IPECOM. Le contact sera donc direct, les réponses précises et sans formalités.

Pour Annie REITHMANN, directrice d’IPECOM : « Certains lycéens ou parents se demandent pourquoi faire une classe Prépa. Au-delà d’aider à intégrer une Grande Ecole, la classe Prépa permet aux élèves de développer des qualités très recherchées pendant les études et dans toute la vie professionnelle : les capacités d’analyse, de rapidité de réflexion et d’efficacité, mais aussi des qualités d’endurance et la capacité à gérer son stress. Pour dire les choses autrement, quand on a fait une classe prépa, on réussit sa carrière mieux et plus vite que les autres ».

Accompagnement personnalisé

A IPECOM, les effectifs sont limités. Chaque élève bénéficie d’un accompagnement vraiment personnalisé qui le motive, l’aide à travailler avec plus d’efficacité et une meilleure méthode.

En début d’année, les professeurs établissent un programme de travail en fonction des besoins de chaque élève, le but étant qu’il consolide ses connaissances et en acquière de nouvelles.

IPECOM mise tout particulièrement sur l’interactivité entre les responsables pédagogiques, les professeurs et les élèves. Chaque élève bénéficie d’un professeur dédié qui disponible en permanence pour l’aider, qu’il s’agisse d’organisation, de planning de travail, et de méthode.

Chaque élève bénéficie aussi d’un véritable coaching individuel, dans une démarche de tutorat, pour soutenir sa motivation et renforcer sa dynamique de travail.

Enseigner les méthodes de travail

Et Annie REITHMANN, directrice d’IPECOM, d’ajouter : « Pour réussir en Prépa où le rythme est très soutenu, et ou la charge de travail est vraiment importante, chaque élève doit gagner en autonomie, en puissance de travail et en rigueur. Par rapport à la classe de terminale, il faut aussi un esprit d’analyse bien plus acéré et une meilleure capacité à synthétiser. Tout ceci ne s’improvise pas. Il faut utiliser des méthodes nouvelles. A IPECOM, précisément, les méthodes de travail constituent un enseignement en soi. C’est la méthodologie que nous avons développée et que nous transmettons qui permet à nos élèves de réussir, d’abord en intégrant une Grande Ecole de Commerce, puis en réussissant leur carrière ».

Prépa HEC: Des perspectives riches de promesses

Des perspectives riches de promesses
Un diplôme d’une Grande Ecole de Commerce permet d’accéder aux plus hauts postes à responsabilités, et cela dans tous les secteurs clés.
Dans ces années difficiles, plus le diplôme est reconnu, plus les études sont valorisées et l’avenir certain dans les PME, PMI innovantes.
L’ouverture du marché européen et international vous assure un large choix dans les professions de :

Commerce
Gestion (financière, administrative, ressources humaines)
Management international
Communication (publicité), etc.
A l’heure de l’internationalisation, toutes les écoles de commerce d’un bon niveau ont le label international qui permet d’avoir une bonne lisibilité du diplôme.
De plus, ces écoles ont des doubles diplômes avec de nombreuses universités dans le monde entier.

C’est pourquoi faire une Prépa et intégrer une Grande Ecole de Commerce reste la meilleure voie pour réussir sa vie professionnelle.

Mais pour cela, il faut d’abord intégrer la meilleure Ecole : c’est à dire celle de votre choix.
Dans ce combat, nous sommes votre partenaire, VOTRE REUSSITE EST AUSSI LA NÔTRE.

Prépa HEC: prêts étudiants

Prêts Etudiants
Société généraleOffre privilège Société générale, pour les Etudiants IPECOM
Pour obtenir un prêt étudiant, il faut :

être majeur
Avoir un proche qui se porte caution pour vous (Un Garant)
Avoir un compte bancaire à la Société générale
Négocier votre contrat avec la banque, surtout concernant le TEG annuel fixe
Pour en savoir plus, concernant les prêts étudiants, cliquez-ici

Concernant les justificatifs à apporter :

Le Garant L’Etudiant
1. Pièce d’identité 1. Photocopie de la carte d’identité
2. Photocopie du dernier relevé d’imposition
(Si le garant est chef d’entreprise et qu’il n’est pas salarié – Prévoir les deux derniers relevés d’imposition) 2. Justificatif de votre statut d’étudiant (Attestation de votre école ou Carte d’Etudiant)
3. Photocopie des trois derniers bulletins de paie
4. Justificatif de domicile
(Facture de téléphone, d’eau, d’électricité)

Prépa HEC: Modalités pratiques

Modalités pratiques
Heures de cours
Ces heures correspondent à la moyenne hebdomadaire des cours dispensés pendant l’année, certaines matières étant intensifiées à certaines périodes.
Mathématiques : 8 à 10 heures
Economie ou histoire-géographie : 6 heures
LVI : 4 heures
LVII : 3 heures
TD en mathématiques et en histoire-géographie ou économie pour les carrés et cubes
Emploi du temps
Lundi ou Samedi : 35 heures de cours en moyenne.
Les interrogations orales de mathématiques, langues, économie et culture générale ont lieu en milieu ou fin de journée.
Conseil de classe
Deux conseils de classe se déroulent pendant l’année, les appréciations et les résultats sont envoyés aux familles.
A la suite de ces conseils, des entretiens individuels avec les élèves ont lieu pour les orienter dans leur travail et dans le choix des concours à passer.
Statut de l’Etudiant
Les élèves d’IPECOM Paris ont une carte d’étudiant qui leur donne plusieurs avantages et déductions.
Equivalence
Un accord d’équivalence est passé avec la faculté de Paris X – Nanterre
Sécurité sociale
Les élèves bénéficient de la Sécurité sociale de leurs parents jusqu’à 20 ans.
Ils doivent s’inscrire à la Sécurité sociale Etudiante par notre intermédiaire et payer, au-delà de 20 ans.
Régime
Externat uniquement.
Facilité pour des prêts.
Facilités pour le déjeuner et pour trouver des logements.
Assurance
L’inscription à IPECOM Paris permet à l’élève de bénéficier automatiquement de l’assurance responsabilité civile.

Réussir sa prépa

Comment ont-ils réussi ? Tout d’abord, travail, efficacité et méthode dans la gestion du temps de travail sont les maître-mots de l’enseignement dispensé aux étudiants.

Cette réussite, ils la doivent ensuite à l’excellence du corps professoral, à la qualité de l’enseignement et à la motivation des professeurs pour que chacun des élèves aille au maximum de ses capacités.

Les Parents de Paul, qui a intégré cette année l’ESCP, écrivent « vous avez joué auprès de lui, le rôle de maître au sens le plus noble du terme ».

Déceler les capacités des étudiants, leur faire confiance tout en les encadrant et les soutenant, les guider par une multitude de devoirs et de corrections, voilà entre autres quelques méthodes mises en place par l’équipe professorale. Equipe en effet, car la concertation entre chaque professeur est l’élément fondamental pour connaître un élève, le pousser et le stimuler à dépasser ses potentialités.

Outre les devoirs sur table, les interrogations et les khôlles, IPECOM organise régulièrement des TD supplémentaires. De nombreuses conférences sur le thème de culture générale sont aussi proposées afin de consolider leur connaissance et leur permettre d’acquérir une originalité de pensée.

En effet, la réussite d’IPECOM, c’est aussi celle des professeurs, c’est enfin et surtout celle de chacun des élèves.

De plus, IPECOM s’attache particulièrement aux Oraux d’Entretien. Trois semaines entières y sont consacrées avec des cours de méthode, des cours sur l’actualité culturelle politique et sociale et des entraînements intensifs d’entretien de motivation.

« J’ai gagné 465 places entre l’écrit et l’oral grâce aux entraînements » dit Killian, intégré à l’ESCP ;
Marjorie a réussi l’EDHEC et déclare « ma timidité et ma réserve ont été transformées en des qualités de pondération et de réflexion : dynamisme, sérieux et expériences des jurys ont été fondamentales à ma réussite. »
Alexandre, après son intégration à l’ESSEC, commente son année à IPECOM : « J’ai trouvé un accompagnement indispensable et personnalisé tout au long de l’année, en plus le stage pour réussir les entretiens m’a permis de mettre en adéquation mes expériences vécues et mon projet professionnel. »

Prépa aux Ecoles de commerce : voies scientifique et économique
Article paru sur le site de studyrama.com

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Enfants précoces : conseils pour bien gérer leur scolarité

Écrit par Cyril COURNOYER

En France, le nombre d’enfants précoces âgés de 6 à 16 ans avoisinerait les 400 000, soit 4% de la population. Afin que leur scolarité se passe le mieux possible, nous avons demandé à Annie Reithmann, chef d’établissement d’Ipécom, quelques précieux conseils.

Pourquoi avez-vous décidé de fonder une école pour les élèves à haut potentiel ?

Annie Reithmann – J’ai d’abord créé la prépa HEC avec Dove Attia en 1989 et nous avions commencé en parallèle du soutien scolaire pour le lycée. C’est en 1996, au moment où j’ai repris l’école à mon nom, que j’ai décidé d’ouvrir un lycée pour enfants à haut potentiel. Car lors des stages que nous organisions, je constatais qu’il y avait beaucoup d’élèves qui fonctionnaient très bien avec nous alors qu’ailleurs, ils étaient en échec scolaire.

Je détectais chez eux une façon de travailler très différente de celle des autres élèves. Au fur à mesure, je me suis rendue compte que ces jeunes avaient un parcours souvent atypique. Soit ils avaient sauté des classes, soit ils avaient des phobies scolaires…

Suite à ces constations, je me suis rapprochée de certaines associations pour enfants précoces et j’ai beaucoup lu sur le sujet. C’est ainsi que j’ai décidé de me consacrer à ces élèves-là, car ils ont un vrai besoin de compréhension et de méthode différents des autres.

Comment distingue-t-on les enfants précoces ?

Annie Reithmann – En tant que parents, on peut constater leur précocité dès l’âge de 3 ans. On remarque qu’ils captent beaucoup plus vite que les autres, qu’ils ont envie d’apprendre des lettres, des mots, qu’ils enregistrent tout grâce à leur excellente mémoire. Le vocabulaire qu’ils utilisent est aussi extrêmement recherché, composé surtout de mots d’adultes.

Ils se posent également plus de questions métaphysiques sur le ciel, la mort…De plus, il est fréquent que ces jeunes à haut potentiel préfèrent la compagnie des adultes à celle des enfants de leur âge.

Quand dit-on d’un enfant qu’il est « précoce » ?

Annie Reithmann – Normalement à partir d’un QI de 130 puis il faut qu’il y ait une concordance entre les performances et les capacités de l’enfant. Très souvent, quand il y a un écart trop important entre ses deux aspects, c’est qu’il y a un problème et qu’il faut peut-être penser à une école spécialisée.Mais c’est vraiment le bien-être de l’enfant qui doit passer avant tout, et si ce dernier est heureux dans une école classique, il vaut mieux le laisser avec ses copains.

La précocité est-elle héréditaire ?

Annie Reithmann – Pas toujours, mais assez souvent.

Vous utilisez souvent le terme « enfant à haut potentiel » plutôt que « précoce », pourquoi ?

Annie Reithmann – Je préfère ce terme parce qu’ils ne sont pas « précoces » pour tout, et je n’aime pas le mot « surdoué » car on y trouve la notion de « don ». Avec leur QI plus développé « haut potentiel » me paraît plus neutre et plus réaliste.

Les enfants à haut potentiel ont-ils un profil semblable ?

Annie Reithmann – Non, ils en ont plutôt deux : il y a ceux qui restent en retrait, qui lisent beaucoup et dont la vie intérieure est très développée; puis il y a ceux que nous pourrions considérer comme « hyper actifs », sans cesse en mouvement. Ce n’est pas parce que l’on est hyper actif que l’on est précoce, mais quand on est un enfant à haut potentiel, on est souvent hyper actif.

Leur scolarité est-elle plus difficile ?

Annie Reithmann – Oui, parce qu’il peut y avoir un mal-être chez eux, dû au décalage qu’ils ressentent avec les jeunes du même âge. Ils se sentent incompris et cela les frustre beaucoup.

Ce sont des enfants qui ne savent pas gérer ce qu’ils ont en eux-mêmes, cette espèce de dysfonctionnement total entre leur rapidité d’esprit et leur lenteur pratique, constatée notamment avec l’écriture. On note une inadéquation entre leurs attentes, leur fonctionnement et le fonctionnement classique.

Ils ont besoin de donner un sens à tout. Il faut décortiquer et résoudre les problèmes avec eux jusqu’à ce qu’ils puissent reproduire eux-mêmes ces raisonnements. Les aider à comprendre le « pourquoi du comment » va aussi leur permettre de canaliser leur impulsivité. C’est donc à nous, parents et enseignants, de les aider à s’adapter à un monde qui ne colle pas forcément à leur façon d’être, en mettant aussi l’emphase sur la sociabilité.

Les élèves précoces se heurtent-ils généralement aux mêmes difficultés ?

Annie Reithmann – La lenteur pour l’écriture est une difficulté fréquemment rencontrée chez les enfants précoces. De plus, comme tout le travail est rapidement exécuté mentalement, ils n’ont plus envie ni de rédiger, ni d’approfondir par écrit. Leurs dissertations sont souvent très courtes, car ils vont à l’essentiel avec peu de mots. C’est bien, mais ça ne suffit pas.

Il leur est également très difficile d’apprendre par cœur et la grammaire pose parfois problème car beaucoup d’entre eux sont dyslexiques.

Ceci dit, les parents doivent savoir qu’un enfant précoce peut être tout à fait intégré si on le diagnostique assez tôt et on lui enseigne les bonnes méthodes.

Est-ce une bonne chose de les scolariser dans un établissement où ils se retrouvent entre eux ?

Annie Reithmann – Si un enfant précoce est dans le système classique et que ça se passe bien, il n’a pas de raison de le changer, cela l’aidera d’autant plus à s’adapter. En revanche, il faudra être très présent dans sa scolarité.

Il sera important de le « nourrir » davantage, mais pas trop non plus, afin de ne pas accroître son décalage avec l’école. On pourra lui fournir des livres ou des analyses qui approfondiront le périmètre de ce qu’il a déjà appris, mais il faudra surtout éviter de lui faire faire le programme à l’avance car sinon, il s’ennuiera encore plus en classe.

Par contre, si l’on constate que l’ennui est trop grand, qu’il décroche, qu’il est malheureux, qu’il devient agressif ou phobique scolaire, il vaut mieux le mettre dans une école qui répondra davantage à sa précocité.

Quand les élèves à haut potentiel se retrouvent entre eux, ils se sentent forcément davantage compris, reconnus, et cela permet de régler rapidement pas mal de problèmes.

Quel type de scolarité propose Ipécom pour ces enfants précoces ?

Annie Reithmann – Comme il leur est difficile d’adopter les codes traditionnels à cause d’une organisation de pensée complètement différente, chez Ipécom, nous accordons beaucoup d’importance à la méthodologie. Nous expliquons étape par étape, le travail analytique y est prioritaire car ces enfants à haut potentiel ont une manière de penser plutôt globale. Le focus est mis là-dessus plutôt que sur le contenu ou sur la répétition.

Il est aussi nécessaire de leur inculquer une grande rigueur dans la structure de leur travail, tout en nourrissant leur créativité pour les aérer par rapport aux obligations scolaires. Par « rigueur », j’entends surtout trois obligations : apprendre par cœur, savoir rédiger et développer son argumentation. Sinon, on va retrouver fréquemment des enfants précoces très bons en classe sans travailler jusqu’à la troisième. Mais ensuite, ça se complique. Comme ils font tout tout seuls, les parents ne sont pas alertés tout de suite, mais si l’élève n’a pas développé des rituels de travail, c’est là que l’échec arrive.

L’un de mes dadas est donc de créer des automatismes de travail avec du par cœur, des fiches… et de leur faire adopter très tôt ces réflexes pour qu’après, ça devienne une seconde nature.

De plus, chez Ipécom, nos classes ont des effectifs réduits, entre 10 et 20 élèves, ce qui est très important afin d’optimiser le contact direct entre les enfants et le professeur.

Nous proposons également une « rigueur plus douce », bien présente, mais éloignée de la rigueur que l’on doit assumer sans broncher dans les établissements classiques.

Tous nos professeurs sont formés à une approche en phase avec ces enfants à haut potentiel, Ce sont toutes des personnes qui ont écrit des livres ou qui font autre chose à côté, elles sont humainement très riches, elles aiment leur métier et leurs élèves.

C’est avant tout la relation humaine qui compte car ces enfants fonctionnent généralement à l’affect, mais les enseignants gardent des principes de rigueur tout en permettant une certaine souplesse sur d’autres aspects.

Un professeur peut remettre sa méthode en question et en essayer une autre selon le tempérament de l’enfant. Si sanction il y a, ça ne doit pas être une sanction d’exclusion mais plutôt une sanction d’intégration, qu’il faudra toujours expliquer.

Passer un « contrat » avec l’élève est aussi une bonne chose : il en connaît les obligations et si elles ne sont pas respectées, il lui faudra en assumer les conséquences.

Les enfants reconnaissent souvent que ce cadre leur fait du bien.

Il y a-t-il plus d’enfants précoces aujourd’hui qu’il y a vingt ans ?

Annie Reithmann – Non, mais on les diagnostique davantage pour deux raisons : d’abord car on en parle plus, mais aussi parce que les programmes scolaires d’aujourd’hui sont très décortiqués et plus faibles. Ce qui ne favorise pas les élèves à haut potentiel.

Si l’on regarde par exemple les classes du primaire, on y aborde plein de matières, mais superficiellement. Les élèves touchent donc à tout mais rien n’en ressort, et l’écart se creuse car les enfants à haut potentiel apprennent la leçon en quinze secondes. Comme ça se répète d’une année sur l’autre, ils n’en peuvent plus. C’est un vrai déchirement pour eux et cela devient vite étouffant. Ils commencent l’école généralement enthousiastes, mais ça s’avère tellement répétitif qu’ils se sentent de plus en plus à part.

C’est alors qu’ils se mettent souvent à s’agiter tant ils s’ennuient. Ils sont prêts à faire n’importe quoi pourvu que ça bouge.

Etes-vous pour ou contre le fait de sauter une classe ?

Annie Reithmann – L’enfant peut sauter une classe s’il est mature au niveau psychique. Parfois, ils sont vraiment trop bébés et ils ont vraiment besoin de rapports affectifs, sinon ils prennent tout au tragique.

Je recommande le saut de classe seulement quand il y a un gros décalage et que l’enfant n’est pas très heureux dans sa classe. Mais cette décision doit vraiment se prendre avec l’approbation de l’enfant et l’assentiment des professeurs.

Très souvent, il y a une certaine fierté à ce que son enfant soit précoce, ça devient le faire valoir des parents. Et le but n’est pas du tout de pousser son enfant en classe si lui n’en a pas envie. En cas de doute, ça vaut parfois la peine que l’enfant aille passer un peu de temps dans la nouvelle classe pour voir comment il s’y sent. Les parents sont souvent inquiets quand ils apprennent que leur enfant est précoce.

Comment les rassurer ?

Annie Reithmann – Si l’on gère bien cette précocité, c’est une richesse inouïe, qui offre beaucoup de possibilités. Certes, ça demande un investissement parental un peu plus grand, mais il y a une telle curiosité de la part de ces enfants-là, ils sont tellement drôles ou riches intellectuellement que c’est vraiment agréable. Puis les précoces sont souvent très affectifs. Il ne faut pas avoir trop d’idées arrêtées sur ce sujet et garder juste deux mots en tête : écoute et compréhension.

Et si vous aviez un dernier conseil pour qu’ils réussissent leur scolarité ?
Annie Reithmann – Dès leur plus jeune âge, il est primordial de les aider à accepter l’effort. Soit par le sport, les puzzles… Les enfants doivent accepter la continuité de l’effort dans une action. Ils vont par exemple commencer le piano mais à partir du moment où il faut apprendre, ça les ennuie, alors ils changent d’activité. Ils font mille choses à la fois et ça ne sert à rien.

Mieux vaut leur dire : « quoi qu’il arrive, tu feras ton activité au moins deux ans. » Comme ça, ils seront obligés d’assumer un sens de l’effort. Et développer cette endurance sera l’une des clés de leur réussite.

Merci à Annie Reithmann, chef d’établissement d’Ipécom, lycée privé accueillant les élèves précoces à haut potentiel et Institut de préparation aux Ecoles de commerce.

http://www.femina.fr/Famille/Enfant/Enfants-precoces-conseils-pour-bien-gerer-leur-scolarite

 

 

 

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De la confiance au savoir : une autorité acceptée

Avant d’aborder ce thème oh combien passionnant de l’autorité, j’aimerai vous présenter en quelques mots le lycée que je dirige, spécialement ouvert aux élèves précoces, et qui grâce à des méthodes pédagogiques, à des professeurs tout à la fois rigoureux et ouverts a pu mener de nombreux élèves au-delà du bac, souvent en Prépa ou tout du moins dans des voies qu’ils avaient véritablement choisis.

Vous avez tous sans doute connu des professeurs qui, dès qu’ils arrivent en classe, crient, invectivent tel ou tel autre élève sans même les connaître,
mieux les reconnaître : il s’agit là d’une autorité certes mais d’une autorité vide de sens. Pourquoi ? Parce qu’elle s’adresse à autrui sans s’adresser à personne, parce qu’elle place en 1er lieu l’obéissance absolue sans le préalable de l’écoute, de l’éducation.

Or, une autorité dans une relation unilatérale revient à nier ce qui fait sens dans l’éducation : à savoir l’échange. J’y reviendrai !

Je voudrais apporter ici mon témoignage des différentes méthodes, expériences face à des situations de rébellion, d’agitation, de difficulté à travailler, d’échec scolaire ou de provocation d’élèves face à l’institution scolaire, expériences que nous avons eues depuis que le lycée IPECOM pour les Élèves Précoces existe, c’est-à-dire depuis 10 ans.

AUTORITÉ ET CONFIANCE
Un préalable néanmoins : je voudrai vous rappeler une phrase d’Hannah Arendt – philosophe du XXème siècle qui a beaucoup écrit sur le pouvoir politique, la tyrannie- qui disait à peu près en ces termes « l’autorité est la capacité d’obtenir l’obéissance sans recourir à la contrainte par la force ou la persuasion ». C’est-à-dire que l’autorité véritable ne s’impose pas par des caractères extérieurs à elle comme la force, la croyance, ou l’idéologie, qu’elle ne se constitue pas comme un ordre, un commandement unilatéral qu’il faut appliquer.

Non, l’autorité est une relation, une relation tout d’abord de confiance : on ne fait autorité que si l’autre accepte cette autorité.

Donc au niveau éducatif il ne suffit pas de trouver des stratégies ou des méthodes pour imposer « son autorité » mais il est nécessaire avant tout d’instaurer une relation de confiance et d’échange.

Car au fond il s’agit bien d’un échange dans la relation d’éduquer au savoir. Même des élèves en échec scolaire reconnaissent le bon professeur et s’attachent à lui. Et un bon professeur n’est pas seulement celui qui sait mais c’est surtout celui qui transmet, avec son désir de « faire passer quelque chose », une idée, une connaissance, un plaisir éprouvé qu’il veut partager. C’est dire combien dans cette relation entre élève à haut potentiel, éducation et autorité il est nécessaire de faire passer autre chose que le pur savoir, c’est-à-dire une part d’affect, d’émotion, de ressenti qui colore le savoir et lui donne du goût. De là se dégage l’envie de transmettre du côté du professeur et idéalement aussi l’envie d’écouter et d’apprendre du point de vue de l’élève.

Si cette relation est cassée, détériorée, presque toujours cette autorité vole en éclat pour l’élève.

Rétablir cette relation a été, est notre tâche quotidienne avec ces élèves précoces qui souvent se sont retrouvés avec des phobies scolaires, des refus de travailler, des provocations constantes.

Comment faire dès lors pour tout à la fois : comprendre, respecter nous-mêmes les consignes de l’Education nationale et faire autorité afin de mettre ou de remettre la machine en marche vers une réussite que l’on sait possible ? Nous avons les contraintes du réel : la vie en collectivité, la gestion de l’établissement, les programmes à respecter et bien souvent les lycéens ne voient pas, ne comprennent pas ces impératifs. A nous de les leur expliquer, de donner sens à ces impératifs, de leur témoigner que nous agissons aussi sous la contrainte de ces impératifs que nous respectons.

CONDITIONS D’UNE AUTORITE ACCEPTEE
Quelles sont les conditions préalables à exercer cette autorité et à ce qu’elle soit acceptée ?

Premièrement, exercer son autorité c’est avoir la capacité d’admettre que celui à qui on demande obéissance ne fonctionne pas forcément comme nous et donc n’aura pas la même vision, la même structure psychique ou le même processus réflexif que nous. Paradoxalement, « avoir de l’autorité sur » c’est développer une certaine forme de tolérance pour appréhender l’autre sans a priori ou idée fixe.

Deuxièmement, l’écoute : nous ne nous faisons écouter que si nous-mêmes nous écoutons.

Ecouter celui ou celle à qui s’adresse l’autorité c’est l’autoriser dans son identité, même plus le reconnaître. Qu’il soit fautif ou non, volontaire au travail ou non, un élève qui se sent reconnu sans être au préalable jugé est un élève enclin à écouter notre propre parole.

Il m’est souvent arrivé de refuser de donner moi-même une sanction mais de demander à l’élève de reformuler ce qu’il avait fait, de lui demander ce qu’il en pensait et de lui demander de se mettre à ma place en lui disant « si tu étais toi-même directeur, qu’est-ce que tu ferais ? Quelle sanction tu mettrais à l’élève récalcitrant ? » Très souvent ce processus de prise de conscience l’aide à comprendre ce qu’il a fait, à formaliser un ressenti et à s’engager. En effet l’élève accepte cette mise à distance avec l’événement qu’il a produit et sait très bien qu’il a enfreint les règles. A partir du moment où on le met en condition de regarder la situation non de son point de vue mais du point de vue d’une collectivité, d’une vie de groupe, il comprend le décalage et comprendre c’est déjà reconnaître pour admettre.

Dans cette pratique de refuser de sanctionner, je délègue mon autorité en lui témoignant la confiance que j’ai en sa prise de conscience, en son honnêteté, en sa raison.

Je l’accompagne dans sa prise de distance face à ses actes, dans sa réflexion sur lui-même et je me refuse de le juger tout en jugeant son acte.

J’entame donc un processus relationnel qui va au-delà du couple faute/punition.

Le responsabiliser renforce en fait mon autorité.

Ainsi cette confiance accordée, cette conscience développée rend opératoire l’autorité en la justifiant.

Trois éléments se dégagent ici : le respect de l’individu, la foi en sa reconstruction, et l’adaptation à une situation précise. Cette adaptation est réciproque alors que les 2 premiers éléments ne le sont pas forcément : l’élève n’a pas respecté le contrat ou les consignes et il n’a généralement aucune foi en son changement.

A moi donc de lui montrer la voie comme c’est le devoir de tout éducateur.

Troisième condition, donc : le respect et ce, quelque soit l’attitude de l’élève qui est devant soi. Ainsi à une action d’un élève qui se repère comme une action de pure provocation la pire des solutions est d’y répondre de façon réactive. Il nous faut maîtriser nos affects et analyser pourquoi un élève a agi de la sorte.

Désamorcer la provocation c’est d’une certaine manière répondre à une bêtise par l’intelligence, la raison, c’est refuser de réagir sur une action qui est elle-même réactive. A nous de comprendre pourquoi cet élève a agi de la sorte et de répondre tout d’abord sur le sens de cette réaction puis sur les conséquences que cette action entraîne. Il nous faut donc aller au-delà de ce que nous constatons pour aborder ce qui a fondé cette action.

Apparaît alors une quatrième condition possible : surprendre l’élève : un élève précoce anticipe toujours très vite et souvent comprend et reconnaît les tendances psychiques des personnes qu’il a en face de lui. Si on ne réagit pas forcément comme il s’attend, l’EIP fait « fonctionner sa cervelle » et n’est plus dans la provocation. En général, cette provocation est toujours d’ordre affectif, elle est un appel pour qu’on s’occupe de lui : l’EIP prend des risques jusqu’à se détruire pour montrer qu’il existe, pour attirer l’attention. En démontant avec lui ce mécanisme, en le surprenant par notre effort de l’inclure au lieu de le juger et de l’exclure, on lui fait prendre conscience qu’il y a d’autres manières d’agir et on démonte peu à peu son mécanisme.

Bien paradoxalement et là apparaît une cinquième condition : ces élèves IP sont extrêmement rassurés par le cadre, par le fait d’être encadré, contrôlé –dans le sens le plus noble du terme-(apprendre à maîtriser ses émotions, ses réactions).

Parce qu’eux-mêmes n’arrivent pas à s’imposer des règles, ils attendent une prise en charge qui tout en les reconnaissant leur fixe des limites. Plus le cadre est serré dans le sens où l’information passe entre le prof et l’administration (et même les parents) plus l’élève s’aperçoit qu’il ne peut louvoyer ou raconter n’importe quoi, plus l’élève se considère et est considéré comme le centre de l’école.

En agissant mal ou en bravant l’autorité, l’élève n’est-il pas au fond désireux de faire parler de lui, de se situer au centre des problèmes et d’une certaine manière de garder le lien avec l’institution au risque constant de perdre ce lien ?

En déjouant ce système, et en le mettant nous même au centre grâce à la circulation de l’information et à la synergie entre professeur et administration, l’élève se trouve quelque peu « coincé » et se lasse souvent de faire des bêtises ou d’aller contre l’autorité.

Il faut aussi prendre en compte que bien des parents -peut-être épuisés- ne cadrent plus leur enfant, ou par peur du désamour renoncent à être autoritaire : ils acceptent de négocier cette autorité et se font vite recalés par les arguments des EIP, par leur humour aussi.

Nous devons parfois montrer la voie aussi aux parents tout comme aux enfants que nous ne lâcherons pas, et leur témoigner que malgré notre compréhension nous avons des impératifs que la loi nous impose et que nous devons appliquer.

C’est pourquoi nous montrons à l’élève le chemin à parcourir en lui fixant des objectifs à court termes, en le revoyant pour évaluer si ces objectifs ont été réalisés, en étant nous -mêmes attentif à son parcourt, aux éléments négatifs comme à ceux positifs en le lui disant, en un mot en « portant attention à ».

Voilà quelques unes des stratégies pour entrer en relation avec l’élève, humaniser nos rapports et renverser la vapeur : ce n’est plus l’élève qui nous épuise, c’est nous qui ne le lâchons pas !

Un élève qui a été puni la semaine dernière auquel je demandais à quelle condition une autorité pourrait être acceptée m’a répondu « si l’élève ne se vit pas comme un numéro parmi tant d’autres, si l’élève est considéré comme une personne, si l’autorité est une autorité de proximité ».

Une autorité ne se négocie pas si elle est prévenue d’une part, si elle est reconnue d’autre part et enfin consentie.

Encore plus avec les EIP, nous avons besoin de maintenir coûte que coûte le cadre que l’on s’est fixé, d’énoncer les règles avant même qu’un problème advienne.

Enfin, pour qu’une autorité puisse se développer sans force, être reconnue pour ce qu’elle est : à savoir une volonté de conduire un élève vers l’objectif d’une réussite, de sa réussite, il est nécessaire de faire appel au sens, à la considération de chacun, à l’assentiment de ce projet commun.

Rappelons aussi aux élèves précoces qu’il existe au-delà de nous des impératifs propres aux savoirs auxquels nous devons nous soumettre : nous n’agissons pas forcément en fonction de notre bon vouloir mais en fonction des contraintes liés aux éléments qui dépassent notre individualité.

Cet objectif doit être de part en part contractuel (et là intervient aussi la motivation).

En conclusion je dirai que, avant d’exercer son autorité, cherchons à établir une relation de confiance qui transformera une autorité subie en une autorité librement choisie.