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Plaidoiries contre l’inégalité scolaire: Les inégalités insoupçonnées

les inégalités d'accès aux études

Inégalités sociales, inégalités à l’accès aux études supérieures pour les classes défavorisées : cette inégalité est de plus en plus flagrante et constitue un véritable échec de notre éducation. Ce n’est pas parce qu’il y a « grosso modo » 80% de réussite au baccalauréat qu’il existe 80% d’étudiants qui parviennent aux études supérieures.

Pire, ceux qui arrivent à intégrer des cursus universitaires, ont un taux de réussite de 39% …. Bien moindre que 80% !

Tous ces chiffres témoignent déjà qu’il existe une inégalité dans l’accès aux études supérieures qui n’est pas due seulement à la classe sociale mais bien plus à la méthodologie acquise au lycée pour savoir travailler de façon autonome.

Outre cette forme d’inégalité, une autre apparaît encore plus grave car elle est niée et cause de graves problèmes qui nuisent à la santé des jeunes et détruit parfois des vies entières.

Il s’agit des inégalités liées au quotient intellectuel : environ 3% de jeunes sont des jeunes à haut potentiel (c’est-à-dire ont un QI supérieur à 130) et 3% ont un QI inférieur à 90%.

Ceux qui ont un QI inférieur sont pris en charge sans doute de façon insuffisante par contre ceux qui ont un QI supérieur à 130% ne sont presque pas pris en charge, et surtout ne sont pas reconnus et ce, pour plusieurs raisons.

D’une part les enfants ne sont pas testés au moment de leur entrée au primaire. Les tests peuvent être suggérés par des enseignants perspicaces si un problème apparaît dans la scolarité de l’enfant. Et souvent ce problème se détecte en 3ème.

Or, parfois, c’est déjà trop tard.

D’autre part, cette différence de QI n’est pas reconnue, pire, elle est mal perçue.

Que penser d’un enfant qui apprend à lire et à compter par lui-même et qui arrive en classe, plein d’enthousiasme pour apprendre encore et qui se voit laisser de côté car « il sait déjà », qui espère répondre aux questions mais à qui on dit « toi, on sait que tu sais, alors ne réponds pas ! », ou qui pose « trop » de questions et qu’on rabroue car il dérange à toujours dévier et à poser des questions pour aller plus loin, pour faire des associations avec d’autres domaines… Certains professeurs ont tendance à penser que l’élève les éloignent trop du sujet du cours et que ce détour est inutile !!

Cette description de la vie scolaire d’un enfant est souvent celle d’un jeune à haut potentiel.

Il n’a alors que deux voies possibles pour lui : ou exister encore plus en étant hyper actif et en dérangeant totalement la classe ou au contraire se retirer de ce monde qui ne le comprend pas et ne veut pas s’intéresser à ses propos. Il devient alors rêveur pour le meilleur ou, le pire, déprimé et phobique scolaire.

Cette discrimination a des conséquences fatales sur l’enfant qui souffre de sa différence au point de refuser d’aller à l’école, sur la société elle-même qui se prive de l’intelligence et de la volonté d’aller plus loin de l’enfant qui, adulte aurait pu être un brillant étudiant.

Les frais médicaux engagés pendant des années, les risques encourus par la prise de drogue, la perte d’estime de soi et la dépression sont autant de conséquences qui arrivent si la prise en charge immédiate de ces jeunes et l’acceptation de leurs différences ne sont pas développées.

Voilà plus de 26 ans que je m’occupe du destin de ces jeunes à Ipécom Paris, voilà plus de 26 ans que des solutions simples peuvent transformer cette inégalité en force et non en échec !

Que de miracles réalisés juste en tenant compte de leurs différences ! Juste parce que nous avons opté pour une pédagogie différenciée.

Surtout, que de vies réussies et épanouies car correspondantes aux choix et au potentiel de ces élèves. Il ne s’agit pas seulement d’études mais aussi de place dans la société, de plaisir de travailler selon ses compétences et ses atouts.

Oui, il existe une inégalité insoupçonnée qui, si elle n’est pas révélée, considérée, peut devenir néfaste à l’individu comme à la société.

En Corée du sud, aux Etats-Unis, en Israël et dans tant d’autres pays, les jeunes sont testés et reçoivent en fonction de leur QI, une éducation adéquate à leurs profils. Ils peuvent développer leur potentiel, acquérir en fonction de leur temporalité des compétences et un savoir qui seront autant d’éléments favorables à la réussite de leur vie scolaire puis universitaire.

Si le jeune apprend et retient plus vite, calcule de façon intuitive, comprend vite mais a parfois des difficultés pour développer sa pensée ou pour maitriser des méthodes classiques, alors il est nécessaire en tant que pédagogue de développer une stratégie d’apprentissage propre à ce type d’enfants.

On ne peut imaginer la souffrance d’un enfant qui subit un enseignement qui ne lui est pas adapté.

Cette souffrance doit être prise en compte de façon urgente.

Nous devons être plus nombreux à valoriser ces différences et à développer des méthodes, des enseignements adéquats.

C’est la volonté égalitaire qui crée l’inégalité. L’équité se doit de reconnaître la différence.