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L’enseignant, au coeur du combat contre le harcèlement à l’école

harcèlement à l'école

Pour apprendre, pour penser librement encore faut-il avoir un esprit non obstrué par des maltraitances ou par des schémas de pensées culturels ou familiaux négatifs. Par Annie Rethmann, Directrice Ipécom Paris.

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Sur le même sujet, l’émission de France 5 « La quotidienne », dont le titre est « Non au harcèlement », qui a comme invitée principale notre directrice Annie Reithmann.

Voir l’émission sur le site de france tv

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Conseils pour réussir sa prépa HEC

conseils prépa hec

Conseils d’Annie Reithmann, directrice d’Ipécom Paris

S’imposer un planning

Il est très important de s’imposer un rythme de travail et de s’y tenir. Il faut compter 35 à 40 heures de travail personnel par semaine, en plus des cours.  4 à 5 h pour chaque jour de la semaine et 6 à 8 heures par jour les fins de semaine. Evidemment, c’est difficile. Quand on termine les cours à 6h de l’après midi, mais 0n peut gagner du temps le matin ou pendant les pauses. Gardez le rythme et ne vous couchez jamais après 11 h du soir. Changez de matière toutes les deux heures, cela vous aidera à garder la concentration.

Organiser vos connaissances

Le cerveau fonctionne comme un calculateur, il faut apprendre à ranger les connaissances pour les retrouver le moment venu. Le meilleur outil pour cela sont les fiches à partir des cours pour organiser vos données. Pour les maths ou la culture générale, il faut mémoriser. Attention à ne pas faire d’impasse sur certaines matières même si le coefficient est moins élevé. Toutes les matières sont importantes pour obtenir une bonne place à un concours.

Travailler avec régularité

La régularité est essentielle. Il ne faut pas attendre d’avoir un devoir sur table pour se mettre au travail. Autre point important : la répétition. En plus d’apprendre les cours, il faut refaire les exercices 3 ou 4 fois. Ce sont des exercices type que l’on retrouve dans les concours. Cela aide à acquérir des automatismes et donc à gagner en efficacité. C’est très précieux le jour J .

Oser réfléchir

Beaucoup d’élèves peinent à analyser un sujet et déterminer les enjeux. Souvent ils cherchent à placer des auteurs, plutôt que de partir de leur propre réflexion. Le jour du concours, le candidat sera jugé sur ses connaissances mais aussi sur sa capacité à réfléchir.

Faire un état des lieux

Il est important d’identifier vos forces et vos faiblesses. À partir des premiers résultats obtenus avant les vacances de la Toussaint, vous pouvez dresser un état des lieux. Une fois les lacunes identifiées, consacrez du temps pour travailler les fondamentaux où vous avez des difficultés. Fixez-vous des objectifs. Par exemple, vous pouvez passer une demi-heure par jour sur l’orthographe, vous faire un carnet de grammaire…

Travailler votre force mentale

Préparer le concours aux écoles de commerce est un marathon, et non un sprint. La force mentale est très importante. C’est aussi grâce au mental que vous pouvez gagner des points le jour du concours. Ne vous focalisez pas sur une mauvaise note. Vous allez rencontrer des échecs mais il faut conserver l’envie, la motivation. Gardez en tête que les classes préparatoires se font en deux ans, c’est donc un travail d’endurance. Vous allez apprendre de vos erreurs et cela vous servira pour les concours.

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Les français sont nuls en mathématiques

Jeune étudiante en maths prépa HEC Ipécom Paris

Article du Huffpost sur un constat accablant, la question est de savoir comment changer la situation.

Les observations démontrent la même insuffisance depuis quelques années, mais il n’en demeure pas moins alarmant: les élèves français ne sont pas doués en maths. Et l’enquête Pisa que l’OCDE a publié ce mardi 6 décembre n’embellit pas spécialement le tableau.

Lire la suite sur le site du Huffington Post>

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Décrochage scolaire: Comment les aider ?

jeune femme (photo)

Les décrocheurs sont plus de 100 000 à sortir chaque année du système scolaire sans qualification ni diplôme, et parfois même sans le bac. Olivier Tonnelier reçoit Annie Reithmann.

Ecouter l’émission sur RCF radio >

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Enfants précoces, école, éducation et conseils.

enfant précoce

En France, le nombre d’enfants précoces âgés de 6 à 16 ans avoisinerait les 400 000, soit 4% de la population. Afin que leur scolarité se passe le mieux possible, nous avons demandé à Annie Reithmann, chef d’établissement d’Ipécom, quelques précieux conseils.

Qu’est-ce qu’un enfant précoce ?

Pourquoi avez-vous décidé de fonder une école pour les élèves à haut potentiel ?

Annie Reithmann – J’ai d’abord créé la prépa HEC avec Dove Attia en 1989 et nous avions commencé en parallèle du soutien scolaire pour le lycée. C’est en 1996, au moment où j’ai repris l’école à mon nom, que j’ai décidé d’ouvrir un lycée pour enfants à haut potentiel. Car lors des stages que nous organisions, je constatais qu’il y avait beaucoup d’élèves qui fonctionnaient très bien avec nous alors qu’ailleurs, ils étaient en échec scolaire.

Je détectais chez eux une façon de travailler très différente de celle des autres élèves. Au fur à mesure, je me suis rendue compte que ces jeunes avaient un parcours souvent atypique. Soit ils avaient sauté des classes, soit ils avaient des phobies scolaires…

Suite à ces constatations, je me suis rapprochée de certaines associations pour enfants précoces et j’ai beaucoup lu sur le sujet. C’est ainsi que j’ai décidé de me consacrer à ces élèves-là, car ils ont un vrai besoin de compréhension et de méthode différents des autres.

Comment distingue-t-on les enfants précoces ?

Annie Reithmann – En tant que parents, on peut constater leur précocité dès l’âge de 3 ans. On remarque qu’ils captent beaucoup plus vite que les autres, qu’ils ont envie d’apprendre des lettres, des mots, qu’ils enregistrent tout grâce à leur excellente mémoire. Le vocabulaire qu’ils utilisent est aussi extrêmement recherché, composé surtout de mots d’adultes.

Ils se posent également plus de questions métaphysiques sur le ciel, la mort…De plus, il est fréquent que ces jeunes à haut potentiel préfèrent la compagnie des adultes à celle des enfants de leur âge.

Quand dit-on d’un enfant qu’il est « précoce » ?

Annie Reithmann – Normalement à partir d’un QI de 130 puis il faut qu’il y ait une concordance entre les performances et les capacités de l’enfant. Très souvent, quand il y a un écart trop important entre ses deux aspects, c’est qu’il y a un problème et qu’il faut peut-être penser à une école spécialisée.Mais c’est vraiment le bien-être de l’enfant qui doit passer avant tout, et si ce dernier est heureux dans une école classique, il vaut mieux le laisser avec ses copains.

La précocité est-elle héréditaire ?

Annie Reithmann – Pas toujours, mais assez souvent.

La scolarité des enfants précoces

Vous utilisez souvent le terme « enfant à haut potentiel » plutôt que « précoce », pourquoi ?

Annie Reithmann – Je préfère ce terme parce qu’ils ne sont pas « précoces » pour tout, et je n’aime pas le mot « surdoué » car on y trouve la notion de « don ». Avec leur QI plus développé « haut potentiel » me paraît plus neutre et plus réaliste.

Les enfants à haut potentiel ont-ils un profil semblable ?

Annie Reithmann – Non, ils en ont plutôt deux : il y a ceux qui restent en retrait, qui lisent beaucoup et dont la vie intérieure est très développée; puis il y a ceux que nous pourrions considérer comme « hyper actifs », sans cesse en mouvement. Ce n’est pas parce que l’on est hyper actif que l’on est précoce, mais quand on est un enfant à haut potentiel, on est souvent hyper actif.

Leur scolarité est-elle plus difficile ?

Annie Reithmann – Oui, parce qu’il peut y avoir un mal-être chez eux, dû au décalage qu’ils ressentent avec les jeunes du même âge. Ils se sentent incompris et cela les frustre beaucoup.

Ce sont des enfants qui ne savent pas gérer ce qu’ils ont en eux-mêmes, cette espèce de dysfonctionnement total entre leur rapidité d’esprit et leur lenteur pratique, constatée notamment avec l’écriture. On note une inadéquation entre leurs attentes, leur fonctionnement et le fonctionnement classique.

Ils ont besoin de donner un sens à tout. Il faut décortiquer et résoudre les problèmes avec eux jusqu’à ce qu’ils puissent reproduire eux-mêmes ces raisonnements. Les aider à comprendre le « pourquoi du comment » va aussi leur permettre de canaliser leur impulsivité. C’est donc à nous, parents et enseignants, de les aider à s’adapter à un monde qui ne colle pas forcément à leur façon d’être, en mettant aussi l’emphase sur la sociabilité.

Les élèves précoces se heurtent-ils généralement aux mêmes difficultés ?

Annie Reithmann – La lenteur pour l’écriture est une difficulté fréquemment rencontrée chez les enfants précoces. De plus, comme tout le travail est rapidement exécuté mentalement, ils n’ont plus envie ni de rédiger, ni d’approfondir par écrit. Leurs dissertations sont souvent très courtes, car ils vont à l’essentiel avec peu de mots. C’est bien, mais ça ne suffit pas.

Il leur est également très difficile d’apprendre par cœur et la grammaire pose parfois problème car beaucoup d’entre eux sont dyslexiques.

Ceci dit, les parents doivent savoir qu’un enfant précoce peut être tout à fait intégré si on le diagnostique assez tôt et on lui enseigne les bonnes méthodes.

L’enseignement d’Ipécom Paris.

Est-ce une bonne chose de les scolariser dans un établissement où ils se retrouvent entre eux ?

Annie Reithmann – Si un enfant précoce est dans le système classique et que ça se passe bien, il n’a pas de raison de le changer, cela l’aidera d’autant plus à s’adapter. En revanche, il faudra être très présent dans sa scolarité.

Il sera important de le « nourrir » davantage, mais pas trop non plus, afin de ne pas accroître son décalage avec l’école. On pourra lui fournir des livres ou des analyses qui approfondiront le périmètre de ce qu’il a déjà appris, mais il faudra surtout éviter de lui faire faire le programme à l’avance car sinon, il s’ennuiera encore plus en classe.

Par contre, si l’on constate que l’ennui est trop grand, qu’il décroche, qu’il est malheureux, qu’il devient agressif ou phobique scolaire, il vaut mieux le mettre dans une école qui répondra davantage à sa précocité.

Quand les élèves à haut potentiel se retrouvent entre eux, ils se sentent forcément davantage compris, reconnus, et cela permet de régler rapidement pas mal de problèmes.

Quel type de scolarité propose Ipécom Paris pour ces enfants précoces ?

Annie Reithmann – Comme il leur est difficile d’adopter les codes traditionnels à cause d’une organisation de pensée complètement différente, chez Ipécom, nous accordons beaucoup d’importance à la méthodologie. Nous expliquons étape par étape, le travail analytique y est prioritaire car ces enfants à haut potentiel ont une manière de penser plutôt globale. Le focus est mis là-dessus plutôt que sur le contenu ou sur la répétition.

Il est aussi nécessaire de leur inculquer une grande rigueur dans la structure de leur travail, tout en nourrissant leur créativité pour les aérer par rapport aux obligations scolaires. Par « rigueur », j’entends surtout trois obligations : apprendre par cœur, savoir rédiger et développer son argumentation. Sinon, on va retrouver fréquemment des enfants précoces très bons en classe sans travailler jusqu’à la troisième. Mais ensuite, ça se complique. Comme ils font tout tout seuls, les parents ne sont pas alertés tout de suite, mais si l’élève n’a pas développé des rituels de travail, c’est là que l’échec arrive.

L’un de mes dadas est donc de créer des automatismes de travail avec du par cœur, des fiches… et de leur faire adopter très tôt ces réflexes pour qu’après, ça devienne une seconde nature.

De plus, chez Ipécom, nos classes ont des effectifs réduits, entre 10 et 20 élèves, ce qui est très important afin d’optimiser le contact direct entre les enfants et le professeur.

Nous proposons également une « rigueur plus douce », bien présente, mais éloignée de la rigueur que l’on doit assumer sans broncher dans les établissements classiques.

Tous nos professeurs sont formés à une approche en phase avec ces enfants à haut potentiel, Ce sont toutes des personnes qui ont écrit des livres ou qui font autre chose à côté, elles sont humainement très riches, elles aiment leur métier et leurs élèves.

C’est avant tout la relation humaine qui compte car ces enfants fonctionnent généralement à l’affect, mais les enseignants gardent des principes de rigueur tout en permettant une certaine souplesse sur d’autres aspects.

Un professeur peut remettre sa méthode en question et en essayer une autre selon le tempérament de l’enfant. Si sanction il y a, ça ne doit pas être une sanction d’exclusion mais plutôt une sanction d’intégration, qu’il faudra toujours expliquer.

Passer un « contrat » avec l’élève est aussi une bonne chose : il en connaît les obligations et si elles ne sont pas respectées, il lui faudra en assumer les conséquences.

Les enfants reconnaissent souvent que ce cadre leur fait du bien.

Etre à l’écoute de l’enfant

Il y a-t-il plus d’enfants précoces aujourd’hui qu’il y a vingt ans ?

Annie Reithmann – Non, mais on les diagnostique davantage pour deux raisons : d’abord car on en parle plus, mais aussi parce que les programmes scolaires d’aujourd’hui sont très décortiqués et plus faibles. Ce qui ne favorise pas les élèves à haut potentiel.

Si l’on regarde par exemple les classes du primaire, on y aborde plein de matières, mais superficiellement. Les élèves touchent donc à tout mais rien n’en ressort, et l’écart se creuse car les enfants à haut potentiel apprennent la leçon en quinze secondes. Comme ça se répète d’une année sur l’autre, ils n’en peuvent plus. C’est un vrai déchirement pour eux et cela devient vite étouffant. Ils commencent l’école généralement enthousiastes, mais ça s’avère tellement répétitif qu’ils se sentent de plus en plus à part.

C’est alors qu’ils se mettent souvent à s’agiter tant ils s’ennuient. Ils sont prêts à faire n’importe quoi pourvu que ça bouge.

Etes-vous pour ou contre le fait de sauter une classe ?

Annie Reithmann – L’enfant peut sauter une classe s’il est mature au niveau psychique. Parfois, ils sont vraiment trop bébés et ils ont vraiment besoin de rapports affectifs, sinon ils prennent tout au tragique.

Je recommande le saut de classe seulement quand il y a un gros décalage et que l’enfant n’est pas très heureux dans sa classe. Mais cette décision doit vraiment se prendre avec l’approbation de l’enfant et l’assentiment des professeurs.

Très souvent, il y a une certaine fierté à ce que son enfant soit précoce, ça devient le faire valoir des parents. Et le but n’est pas du tout de pousser son enfant en classe si lui n’en a pas envie. En cas de doute, ça vaut parfois la peine que l’enfant aille passer un peu de temps dans la nouvelle classe pour voir comment il s’y sent. Les parents sont souvent inquiets quand ils apprennent que leur enfant est précoce.

Comment les rassurer ?

Annie Reithmann – Si l’on gère bien cette précocité, c’est une richesse inouïe, qui offre beaucoup de possibilités. Certes, ça demande un investissement parental un peu plus grand, mais il y a une telle curiosité de la part de ces enfants-là, ils sont tellement drôles ou riches intellectuellement que c’est vraiment agréable. Puis les précoces sont souvent très affectifs. Il ne faut pas avoir trop d’idées arrêtées sur ce sujet et garder juste deux mots en tête : écoute et compréhension.

Et si vous aviez un dernier conseil pour qu’ils réussissent leur scolarité ?
Annie Reithmann – Dès leur plus jeune âge, il est primordial de les aider à accepter l’effort. Soit par le sport, les puzzles… Les enfants doivent accepter la continuité de l’effort dans une action. Ils vont par exemple commencer le piano mais à partir du moment où il faut apprendre, ça les ennuie, alors ils changent d’activité. Ils font mille choses à la fois et ça ne sert à rien.

Mieux vaut leur dire : « quoi qu’il arrive, tu feras ton activité au moins deux ans. » Comme ça, ils seront obligés d’assumer un sens de l’effort. Et développer cette endurance sera l’une des clés de leur réussite.

Merci à Annie Reithmann, chef d’établissement d’Ipécom, lycée privé accueillant les élèves précoces à haut potentiel et Institut de préparation aux Ecoles de commerce.

Écrit par Cyril COURNOYER

Nous inaugurons pour l’année scolaire 2017-2018, une classe de 4ème – 3ème qui a pour objectif  de faire le programme 2 en un, avec un renforcement des cours en maths, français, anglais et une vue globale du programme de ces deux classes. Cette nouvelle classe permet à des élèves qui s’ennuient en 5ème/4ème, d’aller plus vite, aux élèves de 3ème qui ont des difficultés méthodologiques de refaire une année avec des perspectives plus riches en savoir et en méthodes en…  savoir plus >

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Plaidoiries contre l’inégalité scolaire: Les inégalités insoupçonnées

les inégalités d'accès aux études

Inégalités sociales, inégalités à l’accès aux études supérieures pour les classes défavorisées : cette inégalité est de plus en plus flagrante et constitue un véritable échec de notre éducation. Ce n’est pas parce qu’il y a « grosso modo » 80% de réussite au baccalauréat qu’il existe 80% d’étudiants qui parviennent aux études supérieures.

Pire, ceux qui arrivent à intégrer des cursus universitaires, ont un taux de réussite de 39% …. Bien moindre que 80% !

Tous ces chiffres témoignent déjà qu’il existe une inégalité dans l’accès aux études supérieures qui n’est pas due seulement à la classe sociale mais bien plus à la méthodologie acquise au lycée pour savoir travailler de façon autonome.

Outre cette forme d’inégalité, une autre apparaît encore plus grave car elle est niée et cause de graves problèmes qui nuisent à la santé des jeunes et détruit parfois des vies entières.

Il s’agit des inégalités liées au quotient intellectuel : environ 3% de jeunes sont des jeunes à haut potentiel (c’est-à-dire ont un QI supérieur à 130) et 3% ont un QI inférieur à 90%.

Ceux qui ont un QI inférieur sont pris en charge sans doute de façon insuffisante par contre ceux qui ont un QI supérieur à 130% ne sont presque pas pris en charge, et surtout ne sont pas reconnus et ce, pour plusieurs raisons.

D’une part les enfants ne sont pas testés au moment de leur entrée au primaire. Les tests peuvent être suggérés par des enseignants perspicaces si un problème apparaît dans la scolarité de l’enfant. Et souvent ce problème se détecte en 3ème.

Or, parfois, c’est déjà trop tard.

D’autre part, cette différence de QI n’est pas reconnue, pire, elle est mal perçue.

Que penser d’un enfant qui apprend à lire et à compter par lui-même et qui arrive en classe, plein d’enthousiasme pour apprendre encore et qui se voit laisser de côté car « il sait déjà », qui espère répondre aux questions mais à qui on dit « toi, on sait que tu sais, alors ne réponds pas ! », ou qui pose « trop » de questions et qu’on rabroue car il dérange à toujours dévier et à poser des questions pour aller plus loin, pour faire des associations avec d’autres domaines… Certains professeurs ont tendance à penser que l’élève les éloignent trop du sujet du cours et que ce détour est inutile !!

Cette description de la vie scolaire d’un enfant est souvent celle d’un jeune à haut potentiel.

Il n’a alors que deux voies possibles pour lui : ou exister encore plus en étant hyper actif et en dérangeant totalement la classe ou au contraire se retirer de ce monde qui ne le comprend pas et ne veut pas s’intéresser à ses propos. Il devient alors rêveur pour le meilleur ou, le pire, déprimé et phobique scolaire.

Cette discrimination a des conséquences fatales sur l’enfant qui souffre de sa différence au point de refuser d’aller à l’école, sur la société elle-même qui se prive de l’intelligence et de la volonté d’aller plus loin de l’enfant qui, adulte aurait pu être un brillant étudiant.

Les frais médicaux engagés pendant des années, les risques encourus par la prise de drogue, la perte d’estime de soi et la dépression sont autant de conséquences qui arrivent si la prise en charge immédiate de ces jeunes et l’acceptation de leurs différences ne sont pas développées.

Voilà plus de 26 ans que je m’occupe du destin de ces jeunes à Ipécom Paris, voilà plus de 26 ans que des solutions simples peuvent transformer cette inégalité en force et non en échec !

Que de miracles réalisés juste en tenant compte de leurs différences ! Juste parce que nous avons opté pour une pédagogie différenciée.

Surtout, que de vies réussies et épanouies car correspondantes aux choix et au potentiel de ces élèves. Il ne s’agit pas seulement d’études mais aussi de place dans la société, de plaisir de travailler selon ses compétences et ses atouts.

Oui, il existe une inégalité insoupçonnée qui, si elle n’est pas révélée, considérée, peut devenir néfaste à l’individu comme à la société.

En Corée du sud, aux Etats-Unis, en Israël et dans tant d’autres pays, les jeunes sont testés et reçoivent en fonction de leur QI, une éducation adéquate à leurs profils. Ils peuvent développer leur potentiel, acquérir en fonction de leur temporalité des compétences et un savoir qui seront autant d’éléments favorables à la réussite de leur vie scolaire puis universitaire.

Si le jeune apprend et retient plus vite, calcule de façon intuitive, comprend vite mais a parfois des difficultés pour développer sa pensée ou pour maitriser des méthodes classiques, alors il est nécessaire en tant que pédagogue de développer une stratégie d’apprentissage propre à ce type d’enfants.

On ne peut imaginer la souffrance d’un enfant qui subit un enseignement qui ne lui est pas adapté.

Cette souffrance doit être prise en compte de façon urgente.

Nous devons être plus nombreux à valoriser ces différences et à développer des méthodes, des enseignements adéquats.

C’est la volonté égalitaire qui crée l’inégalité. L’équité se doit de reconnaître la différence.

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Pourquoi classer?

pourquoi classer?

Par Julien Rabachou Professeur de philosophie à Ipécom Paris

Nous avons besoin de nous repérer parmi les choses du monde, de leur trouver des points communs, de les ordonner. D’où la nécessité de développer des méthodes satisfaisantes de classification, comme les taxinomies, les nomenclatures ou les dictionnaires. Toute classification pose pourtant deux problèmes : d’abord celui des critères choisis pour classer, car il faut toujours retenir des points communs et en négliger d’autres, avec un risque d’arbitraire dans le choix ; ensuite celui des êtres trop individuels, trop singuliers, pour pouvoir entrer dans un quelconque classement, comme, parmi les individus d’une société, les artistes, les précurseurs, les visionnaires.

Ces deux problèmes deviennent beaucoup plus sérieux et inquiétants lorsqu’il ne s’agit plus seulement d’établir des classifications pour se repérer, mais de constituer des classements pour évaluer systématiquement les choses selon des normes tout aussi arbitraires qu’auparavant. Il est bien connu que l’évaluation est une des principales techniques modernes de pouvoir social, mais qu’il s’agit d’une technique agressive envers les individus, puisqu’elle néglige leur singularité, leurs qualités, pour les ramener à une mesure seulement quantitative.

Tout est prétexte à classer, sans tenir compte de l’originalité des personnes classées : des notes scolaires, qui désignent rigidement un petit génie et un cancre, au classement APB qui détermine selon des critères obscurs l’avenir des élèves. Si le classement peut être fécond lorsqu’il s’agit de motiver chacun à se dépasser, il est aliénant et mortifère lorsqu’il a pour seul but de nous ranger dans des cases et de nous coller des étiquettes définitives. A Ipécom, nous sommes conscients de ce danger et nous travaillons à éviter les effets nocifs des classements et des évaluations, en respectant la singularité de chaque élève, en montrant à chacun qu’il est une somme riche et complexe de points forts et de points faibles et que c’est à lui d’aller plus loin sur la voie qui le motive, au-delà de tout préjugé. Nous savons que nos élèves ne sont pas les données uniformes d’un classement et que tous, s’ils sont exigeants, ont les moyens de s’épanouir sur la ligne qu’ils auront choisie.

Notre société actuelle est atteinte, sous l’influence de l’outil informatique et d’Excel, d’une véritable frénésie de classements : critères choisis à la va-vite pour hiérarchiser les universités, les écoles de commerce, les hôpitaux, les lycées, justifiant parfois des politiques qui éliminent les plus petits au nom de la rentabilité, et sans tenir aucun compte de la réalité de chaque institution, de son originalité, de ses besoins. Nous pensons qu’il est temps de changer de regard, de mettre fin à cette croyance sans limites dans des critères prétendument objectifs mais en réalité très relatifs. Nous aidons nos élèves à se repérer dans le fouillis des classements en constant changement, à ne pas céder à l’appât du chiffre, et à choisir la voie qu’ils veulent vraiment, à ne pas ramener la richesse d’un parcours original à une colonne de tableau.

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Valoriser son potentiel grâce à la plasticité psychique.

valoriser les enfants précoces

le cas des adolescent(e)s précoces
par Peter Punin
Professeur Ipécom Paris
Cette petite conférence porte sur le rôle de la plasticité psychique dans le cadre des stratégies de valorisation du potentiel des adolescent(e)s précoces.

Par définition, la précocité représente un potentiel. Mais, pour ne pas devenir contre-productif, ce potentiel doit être valorisé par des stratégies adaptées. Ces stratégies ne s’improvisent pas.
Saisir l’expression clé « plasticité psychique »
Ne pas confondre « plasticité psychique » et « plasticité cérébrale ». Par « plasticité cérébrale », nous entendons la faculté du cerveau de remplacer des fonctionnalités défaillantes – généralement suite à une lésion – par la combinaison d’autres fonctionalités initialement dédiées à des fins différentes.
Ce point ne nous intéresse pas ici. Pour saisir le sens de « plasticité psychique », nous devons nous permettre une petite digression.
Ne pas confondre « plasticité psychique » et « plasticité cérébrale ». Par « plasticité cérébrale », nous entendons la faculté du cerveau de remplacer des fonctionnalités défaillantes – généralement suite à une lésion – par la combinaison d’autres fonctionalités initialement dédiées à des fins différentes.
Ce point ne nous intéresse pas ici. Pour saisir le sens de « plasticité psychique », nous devons nous permettre une petite digression.
Une petite digression: Un regard sur l’«effet de foule» pour saisir la nature systémique de la plasticité psychique
Le comportement d’une foule ne s’explique pas par les « propriétés » des individus qui la composent.
L’épisode Lagaf ‘
Il y a « systémicité » si les propriétés du système global ne peuvent pas être réduites aux propriétés des parties du système en question.
La systémicité peut échapper à notre contrôle; elle est donc très difficile à piloter.
«Plasticité psychique» <=> «Systémicité du psychisme»
L’aspect systémique du psychisme humain est évident. Chaque « opération » – le terme est réducteur – fait émerger des globalités irréductibles aux facteurs entrant en jeu.
Un exemple: l’assimilation d’un poème.
Cette plasticité psychiques est partagée par tous les humains, mais à des degrés divers. On appelle la plasticité psychique hautement développée « esprit de synthèse », sachant que ce dernier est déterminant pour l’intelligence.
L‘adolescence précoce sous l’angle de la plasticité psychique
1- Le problème de départ

En soi, la précocité est un phénomène positif. Et pourtant, en pratique, la précocité entraîne dans une majorité de cas de sérieux problèmes pour l’adolescent(e) lui/elle-même, pour ses parents, ses enseignant(e)s; problèmes engendrant pour l’ensemble des protagonistes impliqué(e)s un climat d’incompréhension réciproque.
2- Un faux paradoxe

En fait, ce qui précède ne représente pas une contradiction. La précocité est positive en tant que potentiel. Mais un potentiel – dans le meilleur des cas – ne sert à rien, s’il n’est pas réalisé. La réalisation d’un potentiel dans un contexte complexe – systémique – est très difficile. Le moindre facteur perturbateur suffit alors pour transformer le potentiel positif en négativité globale.3- Certes …

Pour l’ensemble des problèmes liés à l’adolescence précoce, il existe des explications standard: (i) En raison de ses facilités, le/la précoce ne cultive pas le sens du travail. Cela se retourne contre lui/elle, lorsqu’il faut travailler malgré tout. (ii) Son âge mental étant par définition en avance sur son âge réel, le/la précoce s’ennuie en classe, ce qui entraîne une baisse de niveau et l’antipathie des enseignant(e)s.

Et encore

S’apercevant et étant aperçu comme quelqu’un de différent, le/la précoce est confronté(e) à des difficultés relationnelles au sein de son groupe. S’y ajoutent des difficultés intra-générationnelles. Recherchant la compagnie des adultes, tenant un discours d’adulte, il/elle est perçu(e) comme un(e) «petit adulte», comme quelqu’un «jouant à l’adulte», comme « donneur/donneuse de leçons » ou « génie avant l’heure » et ainsi de suite

Mais

Les tentatives d’explication précédentes – la liste est loin d’être exhaustive – comportent certes une bonne part de vérité.Mais elles négligent la dimension « plasticité psychique. ». C’est à ce niveau que résident en dernier lieu les racines du problème. C’est là également que nous devons chercher les solutions.
Retour à la plasticité psychique et son rôle au sein de l’intelligence
La plasticité psychique nous permet potentiellement de:

développer une vision globale
faire le lien entre les choses
situer les choses dans leur contexte
considérer le changement en fonction du contexte changeant tout en anticipant et en nous adaptant.
Une plasticité psychique hautement développée représente donc une condition préalable à l’exercice de ce que nous désignons couramment par « intelligence. » Et rappelons l’importance de l’esprit de synthèse au sein de l’intelligence, sachant que sans plasticité du psychisme, la notion même d’esprit de synthèse n’aurait pas de sens.
Pourtant, on ne le répète jamais assez: La plasticité psychique représente un potentiel qui par définition nous permet potentiellement de réaliser des choses formidables. Mais ce potentiel doit être piloté, sinon les choses risquent d’aller dans tous les sens. C’est sous cet angle que nous devons chercher la solution aux problèmes liés à la précocité, dont il s’agit de développer l’épanouissement.
La plasticité psychique chez le/la précoce: atouts et effets pervers
Doté(e) d’une intelligence en avance sur son âge, le/la précoce possède nécessairement une plasticité psychique hors du commun. Ce point est confirmé par l’observation. Mais, dans un premier temps, les données de l’observation indiquent aussi les dangers de la précocité.
Une première observation récurrente

Le/la précoce a très souvent appris à lire et à écrire par ses propres moyens, et ce environ un an avant sa scolarisation. Lui/elle-même ne sait pas exactement comment. C’est une sorte d’émergence sur fond d’intuition. Ces facteurs résument à eux seuls l’idée de plasticité psychique.
Mais cette performance a son effet pervers. Au moment de sa scolarisation, lorsque les autres enfants acquièrent les premiers rudiments, le/la précoce ne comprend pas ce qu’on veut de lui/elle.
Une seconde observation saisissante

De nombreux/euses précoces se posent des questions d’ordre métaphysique ou religieux sur le sens de la vie, mais aussi de l’existence en général. Ces interrogations ne sont pas partagées par les autres adolescent(e)s de leur âge. Même de nombreux adultes ne s’intéressent pas spécialement à ce type d’interrogation.

Ce qui précède témoigne d’une extraordinaire faculté d’approfondissement chez les précoces.

Mais cette extraordinaire faculté d’approfondissement – merveilleuse en soi – entraîne un effet pervers évident: Le regard très différent que portent les précoces sur l’existence se traduit par de sérieux troubles au niveau de la communication avec autrui. C’est un problème de fond qui se cache derrière ses symptômes, comme par exemple l’impression que les précoces « singent les adultes » etc.
Avant d’envisager des solutions,deux mises en garde
Pour les raisons évoquées antérieurement, la précocité peut entraîner des comportements négatifs tels que la turbulence, la désimplication, le renfermement sur soi etc. Mais certain(e)s précoces reconnu(e)s développeraient des comportement analogues, même si ils/elles n’étaient pas des précoces. Les solutions envisagées ne concernent que des problèmes en rapport direct avec la précocité.
Ici, il s’agit juste d’évoquer l’existence de solutions, et plus précisément la possibilité de trouver des solutions lorsqu’on sait les chercher là où elles se trouvent. Mais ces grandes lignes ne suffisent pas pour comprendre des cas individuels. Souvent, un suivi personnalisé s’impose.
Des solutions systémiques
La plasticité psychique a été identifiée comme un phénomène systémique. Des problèmes liés à la plasticité psychique hautement développée des précoces exigent donc des solutions elles aussi systémiques.
En d’autres termes, il serait inutile et même contre-productif de s’attaquer directement à des problèmes – « l’indiscipline », « la paresse » – isolés de leur contexte. La solution est nécessairement globale.
La contrainte vue au second degré

Des chercheuses et chercheurs reconnu(e)s dans ce domaine – comme Huguette Hostyn ou J.C. Terrassier; ce dernier surtout met en garde contre l’angélisme déplacé – mettent en avant la nécessité de contraintes. Mais ce n’est pas la contrainte au sens traditionnel, aperçue comme finalité en soi.
Ici, il s’agit d’amener le/la précoce à la prise de conscience que des contraintes existent bel et bien, que nous n’y pouvons rien, que ce problème doit être géré et qu’un(e) précoce est particulièrement bien placé(e) pour gérer ce problème.

Sous cet angle, la contrainte subie est transformée en problème à résoudre de manière active, autrement dit, en défi, ce qui change tout.
La plasticité psychique hautement développée des précoces favorise chez ces derniers/dernières la faculté de viser les choses au second degré, autrement dit facilite (i) la prise de conscience de la contrainte en tant que défi et (ii) l’adoption d’une attitude appropriée face à ce défi.
Tirer vers le haut v/s tirer vers le bas

J.C. Terassier signale un problème qu’il appelle « dyssynchronie .» La précocité ne concerne généralement que l’évolution intellectuelle de l’enfant. Sur le plan affectif, l’âge mental du/de la précoce correspond à son âge réel.
Les précoces partagent donc avec les autres enfants l’ensemble des problématiques affectives liées à la vie en groupe.
Par le biais d’un effet systémique indésirable, la collusion des problèmes affectifs et des problèmes spécifiques de précocité génèrent chez le/la précoce une synergie négative aux conséquences souvent désastreuses.

Un problème classique d’ordre affectif lié à la vie en groupe consiste en le fait que les faibles sur le plan scolaire essayent de tirer les plus forts vers le bas, et que les plus forts souvent se prêtent à ce jeu.
De manière visible ou non, les précoces ont tendance à s’aligner sur ce schéma.
Une fois de plus, la contrainte transformée en défi représente (probablement) la seule solution. Le/la précoce doit prendre conscience qu’il est plus intelligent de tirer les autres vers le haut que de l’aligner sur les plus faibles.
A ce propos, aucun laisser aller ne peut être toléré.
L’éveil du goût de l’effort et son retour global

Le goût de l’effort peut être éveillé dans n’importe quel domaine. Il n’est pas nécessaire – voire pas souhaitable – que cela se fasse dans le contexte scolaire proprement dit.
En effet, la plasticité psychique prononcée chez le/la précoce opère d’elle-même le retour d’investissement escompté.
De nombreux/nombreuses praticien(ne)s ont constaté que la seule incitation faite aux précoces de remettre de l’ordre dans leur chambre et de garder cet ordre intact – incitation suivie de contrôles réguliers – entraîne de vrais miracles

Le rangement régulier de la chambre n’est qu’un exemple parmi d’autres.
Le choix de la bonne approche dépend de personnalité du/de la précoce à suivre. L’important est d’inciter ce(tte) dernier/ère à tenir un journal de bord de son suivi.
Ce journal de bord sera au départ un chef-d’œuvre d’ironie fine, où le/la précoce prouve ses facultés de prendre avec humour des mesures qui lui semblent parfaitement absurdes.
Mais, à moyen terme, les résultats sont là.
Activités d’éveil « intra-extrascolaires »

Des activités scientifiques ou artistiques au sens large comprenant la musique, la danse, le théâtre et ainsi de suite favorisent de toute évidence l’éveil intellectuel, sachant que la plasticité psychique propre aux précoces opère aussi dans ce cas de figure un retour globalement bénéfique.
Idéalement, cet effet global s’épanouit par la pratique de ces activités « extrascolaires » dans le cadre de l’institution.
Les élèves ayant choisi l’option théâtre proposée par Ipécom Paris non seulement obtiennent d’excellents résultats à l’examen, avoisinant ou atteignant les 20/20, mais encore en tirent des bénéfices considérables au niveau global de leur développement personnel et scolaire.

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L’éducation des Filles

dessin élève ipécom

Depuis 1990, je dirige un établissement scolaire Ipécom Paris, destiné aux élèves voulant un encadrement positif, qu’ils soient à haut potentiel ou non, au lycée ou en prépa Hec.

En 2014, le magazine Entreprendre m’a interviewée sur mon management, s’il était féminin : j’ai répondu que si l’écoute attentive à l’autre, la sensibilité artistique ou la compréhension pour développer confiance et force de travail étaient des qualités féminines alors j’avais un management typiquement féminin!

Cette boutade me fait penser à l’interview réalisé ce jour de Clara Gaymard qui vient de lancer une fondation (Raise) des femmes actives pour les femmes en difficultés et qui est l’ancienne présidente de General Electric France et présidente actuelle du Women’s Forum). Elle demandait à Thomas Sotto mais pourquoi à nous, les femmes, vous nous posez toujours la même question : comment faites-vous pour avoir des enfants, tenir un foyer et être à la tête d’une grande entreprise? Pourquoi ne pas la poser à mon mari? Evidemment elle refuse toujours de répondre à cette question.

Pour beaucoup, mon management a été qualifié comme un management maternel, alors que mes principes et mes valeurs me conduisent à un management tout simplement humain, qui refuse d’humilier, de faire peur ou d’agresser et qui désire plutôt donner confiance à l‘élève par sa connaissance et sa sureté de penser. Rien de maternel dans ces principes et pourtant c’est la mère que certains voient en moi, ni le chef d’établissement ni la chef d’entreprise.

Ces exemples me disent que le sexisme est encore très présent au sein de notre société.

Bien plus, et c’est ma crainte actuelle la dérive langagière des jeunes et ce qui se passe sur la toile me paraissent développer un conservatisme dont les jeunes n’ont même pas conscience.

Mon expérience dans l’éducation me fait constater plusieurs points:

  • le langage sexiste existe toujours et surtout les plaisanteries sexistes. J’en ai de nombreux exemples dans l’école et hors de mon école (t’es une femme, ce que veulent les femmes, t’es pas capable..) Pire les doubles sens des mots, les blagues, les sous entendus sont partie intégrantes de leurs conversations.
  • les sites pour les jeunes donnent une image dégradée de la femme et les jeunes intègrent ces images. Avez-vous vu les sites de streaming ? 80% des publicités sont des publicités d’incitation à aller visiter des sites pornographiques avec des images de la femme (seins et fesses qui se gonflent au grès des mouvements d’un acte sexuel). Ces images ont obligatoirement un impact sur des adolescents aussi bien homme que femme et induisent un rapport de puissance, de domination et une objectivation du corps féminin. Les jeunes intègrent de façon inconsciente une manière d’aborder le sexe différent.
  • les jeunes filles qui sont en révolte et notamment les haut potentiel, risquent beaucoup plus que les jeunes hommes et leur comportement extrême dénotent qu’elles veulent une place mais ont du mal à trouver le bon chemin. Elles sont comme tous les précoces hypersensibles et partent au quart de tour pour tout élément qui les hérisse. Les haut potentiel réservées ou rêveuses au contraire favorisent à outrance la lecture. Je constate qu’il y a peut-être moins de jeunes filles en échec scolaire que de jeunes hommes. Peut-être parce qu’elles suivent dans l’enfance de façon plus forte, les règles de la maison, et s’identifient à leur mère.
  • Les jeunes filles pour trouver leur place travaillent beaucoup plus que les jeunes hommes : elles sont plus scolaires et acceptent mieux les règles. Une étude montre qu’elles réussissent mieux le baccalauréat et moins bien les compétitions de type concours. Il s’agit d’un paradoxe qui peut se comprendre par le fait que les filles se conforment à leur image supposée. Elles participent de fait à leur oppression dirait Simone de Beauvoir.
    Une enquête sur l’Insertion professionnelle des jeunes diplômés publiée par la Conférence des grandes écoles (CGE) montre que les différences de traitement des hommes et des femmes sont très loin de s’atténuer, bien au contraire.
    Que ce soit en terme d’emploi, de précarité ou de salaire, les jeunes femmes continuent d’évoluer loin de leurs camarades masculins, et cela dès leurs premières années. Un retard qu’elles ne rattraperont plus jamais au cours de leur carrière (lire l’étude dans son entier:
    http://www.cge.asso.fr/actualites/parution-de-l-enquete-insertion-2014-de-la-cge).
    L’étude présente quelques exemples. Si l’on prend les deux promotions étudiées, 18,4% des femmes ingénieurs sont en recherche d’emploi, contre 14,7% pour les hommes, et les femmes managers sont 17,7% (14,4% chez les hommes). Si l’on considère les diplômés 2013 des deux filières, la proportion de femmes en CDD (23,8%) est presque deux fois plus élevée que celle des hommes (12,5%).
    Moins de 60% des femmes ont trouvé un CDI (58,3%), tandis que près de 70% des hommes (69,4%) ont trouvé un emploi stable.
    Et tout est à l’avenant, puisque les CDD des femmes sont en majorité moins longs que ceux des hommes…Bien entendu, ces inégalités se répercutent largement sur les salaires bruts : ceux des femmes ingénieurs sont systématiquement inférieurs à ceux des autres catégories, tandis que ceux des hommes managers sont systématiquement supérieurs à tous les autres !
  • les jeunes acceptent encore l’idée qu’il existe des caractéristiques propres à chaque sexe. D’où des comportements qui intègrent la différence et reproduisent cette soi-disant différence. Certes la nature nous différencie mais pas la culture. Et l’école devrait être là pour aplanir ces différences. Pour la plupart du temps cela échappe à l’éducation scolaire qui reproduit le microcosme social indépendamment de la volonté de l’école.  C’est à nous enseignants d’être encore plus vigilants pour relever coûte que coûte les remarques, les comportements et les rapports déplacés.

Les constats sont flagrants comme le rappelle Sheryl Sandberg (numéro 2 de facebook) lors d’une conférence à Sciences Po. Les écarts entre les deux sexes sont encore bien affligeants :
Sur les 195 pays indépendants que compte le monde, seuls 17 sont gouvernés par des femmes et sur l’ensemble de la planète, celles-ci n’occupent que 20% des sièges au parlement. 4% des femmes figurent sur la liste des PDG des 500 plus grosses compagnies américaines … Ces écarts dit-elle sont aussi dus aux stéréotypes qui freinent les femmes et qui sont tant ancrés chez les hommes que chez elles aussi.

Ainsi c’est notre éducation qui entraîne ces freins et on le constate tous les jours à l’école, les jeunes filles reproduisent le comportement qu’on attend d’une femme.

Nous, les femmes en activité, les éducateurs et éducatrices devons combattre ce laisser aller sournois pour impulser une autre manière de concevoir les rapports femmes/hommes.

Donc, l’école semble être, pour la plupart des élèves le microcosme familial : ils tentent de reproduire les rapports familiaux qu’ils ont, sans doute parce qu’ils n’en connaissent pas d’autres. Or, une école dans ses principes et ses valeurs n’est pas là pour reproduire la société telle qu’elle est.

Je reprends le rapport qui date de 1980 d’un inspecteur général de l’Education nationale et inspecteur de philosophie, M. Muglioni, qui disait que si la réalité de l’école se confond avec celle de la société alors on assiste à un parfait immobilisme et à une vanité de l’école : la fin de l’école est une invitation non à la reproduction mais à la création, c’est à dire à la liberté de penser.
Et c’est parce qu’elle donne les armes à la pensée (en la structurant) que l’école peut être un moteur au changement et non à la reproduction sociale et pousser alors à plus d’égalité entre les hommes et les femmes.

On en est hélas bien loin.

Conférence du 8 mars 2016 par Annie Reithmann

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Education – De la confiance au savoir : une autorité acceptée

Portrait d'un étudiant en prépa

Avant d’aborder ce thème oh combien passionnant de l’autorité, j’aimerai vous présenter en quelques mots le lycée que je dirige, spécialement ouvert aux élèves précoces, et qui grâce à des méthodes pédagogiques, à des professeurs tout à la fois rigoureux et ouverts a pu mener de nombreux élèves au-delà du bac, souvent en Prépa HEC ou tout du moins dans des voies qu’ils avaient véritablement choisis.

Vous avez tous sans doute connu des professeurs qui, dès qu’ils arrivent en classe, crient, invectivent tel ou tel autre élève sans même les connaître, mieux les reconnaître : il s’agit là d’une autorité certes mais d’une autorité vide de sens. Pourquoi ? Parce qu’elle s’adresse à autrui sans s’adresser à personne, parce qu’elle place en 1er lieu l’obéissance absolue sans le préalable de l’écoute, de l’éducation.

Or, une autorité dans une relation unilatérale revient à nier ce qui fait sens dans l’éducation : à savoir l’échange. J’y reviendrai !

Je voudrais apporter ici mon témoignage des différentes méthodes, expériences face à des situations de rébellion, d’agitation, de difficulté à travailler, d’échec scolaire ou de provocation d’élèves face à l’institution scolaire, expériences que nous avons eues depuis que le lycée IPECOM pour les Élèves Précoces existe, c’est-à-dire depuis 10 ans.

AUTORITÉ ET CONFIANCE

Un préalable néanmoins : je voudrai vous rappeler une phrase d’Hannah Arendt – philosophe du XXème siècle qui a beaucoup écrit sur le pouvoir politique, la tyrannie- qui disait à peu près en ces termes « l’autorité est la capacité d’obtenir l’obéissance sans recourir à la contrainte par la force ou la persuasion ». C’est-à-dire que l’autorité véritable ne s’impose pas par des caractères extérieurs à elle comme la force, la croyance, ou l’idéologie, qu’elle ne se constitue pas comme un ordre, un commandement unilatéral qu’il faut appliquer.

Non, l’autorité est une relation, une relation tout d’abord de confiance : on ne fait autorité que si l’autre accepte cette autorité.

Donc au niveau éducatif il ne suffit pas de trouver des stratégies ou des méthodes pour imposer « son autorité » mais il est nécessaire avant tout d’instaurer une relation de confiance et d’échange.

Car au fond il s’agit bien d’un échange dans la relation d’éduquer au savoir. Même des élèves en échec scolaire reconnaissent le bon professeur et s’attachent à lui. Et un bon professeur n’est pas seulement celui qui sait mais c’est surtout celui qui transmet, avec son désir de « faire passer quelque chose », une idée, une connaissance, un plaisir éprouvé qu’il veut partager. C’est dire combien dans cette relation entre élève à haut potentiel, éducation et autorité il est nécessaire de faire passer autre chose que le pur savoir, c’est-à-dire une part d’affect, d’émotion, de ressenti qui colore le savoir et lui donne du goût. De là se dégage l’envie de transmettre du côté du professeur et idéalement aussi l’envie d’écouter et d’apprendre du point de vue de l’élève.

Si cette relation est cassée, détériorée, presque toujours cette autorité vole en éclat pour l’élève.

Rétablir cette relation a été, est notre tâche quotidienne avec ces élèves précoces qui souvent se sont retrouvés avec des phobies scolaires, des refus de travailler, des provocations constantes.

Comment faire dès lors pour tout à la fois : comprendre, respecter nous-mêmes les consignes de l’Education nationale et faire autorité afin de mettre ou de remettre la machine en marche vers une réussite que l’on sait possible ? Nous avons les contraintes du réel : la vie en collectivité, la gestion de l’établissement, les programmes à respecter et bien souvent les lycéens ne voient pas, ne comprennent pas ces impératifs. A nous de les leur expliquer, de donner sens à ces impératifs, de leur témoigner que nous agissons aussi sous la contrainte de ces impératifs que nous respectons.

CONDITIONS D’UNE AUTORITE ACCEPTEE

Quelles sont les conditions préalables à exercer cette autorité et à ce qu’elle soit acceptée ?

Premièrement, exercer son autorité c’est avoir la capacité d’admettre que celui à qui on demande obéissance ne fonctionne pas forcément comme nous et donc n’aura pas la même vision, la même structure psychique ou le même processus réflexif que nous. Paradoxalement, « avoir de l’autorité sur » c’est développer une certaine forme de tolérance pour appréhender l’autre sans a priori ou idée fixe.

Deuxièmement, l’écoute : nous ne nous faisons écouter que si nous-mêmes nous écoutons.

Ecouter celui ou celle à qui s’adresse l’autorité c’est l’autoriser dans son identité, même plus le reconnaître. Qu’il soit fautif ou non, volontaire au travail ou non, un élève qui se sent reconnu sans être au préalable jugé est un élève enclin à écouter notre propre parole.

Il m’est souvent arrivé de refuser de donner moi-même une sanction mais de demander à l’élève de reformuler ce qu’il avait fait, de lui demander ce qu’il en pensait et de lui demander de se mettre à ma place en lui disant « si tu étais toi-même directeur, qu’est-ce que tu ferais ? Quelle sanction tu mettrais à l’élève récalcitrant ? » Très souvent ce processus de prise de conscience l’aide à comprendre ce qu’il a fait, à formaliser un ressenti et à s’engager. En effet l’élève accepte cette mise à distance avec l’événement qu’il a produit et sait très bien qu’il a enfreint les règles. A partir du moment où on le met en condition de regarder la situation non de son point de vue mais du point de vue d’une collectivité, d’une vie de groupe, il comprend le décalage et comprendre c’est déjà reconnaître pour admettre.

Dans cette pratique de refuser de sanctionner, je délègue mon autorité en lui témoignant la confiance que j’ai en sa prise de conscience, en son honnêteté, en sa raison.

Je l’accompagne dans sa prise de distance face à ses actes, dans sa réflexion sur lui-même et je me refuse de le juger tout en jugeant son acte.

J’entame donc un processus relationnel qui va au-delà du couple faute/punition.

Le responsabiliser renforce en fait mon autorité.

Ainsi cette confiance accordée, cette conscience développée rend opératoire l’autorité en la justifiant.

Trois éléments se dégagent ici : le respect de l’individu, la foi en sa reconstruction, et l’adaptation à une situation précise. Cette adaptation est réciproque alors que les 2 premiers éléments ne le sont pas forcément : l’élève n’a pas respecté le contrat ou les consignes et il n’a généralement aucune foi en son changement.

A moi donc de lui montrer la voie comme c’est le devoir de tout éducateur.

Troisième condition, donc : le respect et ce, quelque soit l’attitude de l’élève qui est devant soi. Ainsi à une action d’un élève qui se repère comme une action de pure provocation la pire des solutions est d’y répondre de façon réactive. Il nous faut maîtriser nos affects et analyser pourquoi un élève a agi de la sorte.

Désamorcer la provocation c’est d’une certaine manière répondre à une bêtise par l’intelligence, la raison, c’est refuser de réagir sur une action qui est elle-même réactive. A nous de comprendre pourquoi cet élève a agi de la sorte et de répondre tout d’abord sur le sens de cette réaction puis sur les conséquences que cette action entraîne. Il nous faut donc aller au-delà de ce que nous constatons pour aborder ce qui a fondé cette action.

Apparaît alors une quatrième condition possible : surprendre l’élève : un élève précoce anticipe toujours très vite et souvent comprend et reconnaît les tendances psychiques des personnes qu’il a en face de lui. Si on ne réagit pas forcément comme il s’attend, l’EIP fait « fonctionner sa cervelle » et n’est plus dans la provocation. En général, cette provocation est toujours d’ordre affectif, elle est un appel pour qu’on s’occupe de lui : l’EIP prend des risques jusqu’à se détruire pour montrer qu’il existe, pour attirer l’attention. En démontant avec lui ce mécanisme, en le surprenant par notre effort de l’inclure au lieu de le juger et de l’exclure, on lui fait prendre conscience qu’il y a d’autres manières d’agir et on démonte peu à peu son mécanisme.

Bien paradoxalement et là apparaît une cinquième condition : ces élèves IP sont extrêmement rassurés par le cadre, par le fait d’être encadré, contrôlé –dans le sens le plus noble du terme-(apprendre à maîtriser ses émotions, ses réactions).

Parce qu’eux-mêmes n’arrivent pas à s’imposer des règles, ils attendent une prise en charge qui tout en les reconnaissant leur fixe des limites. Plus le cadre est serré dans le sens où l’information passe entre le prof et l’administration (et même les parents) plus l’élève s’aperçoit qu’il ne peut louvoyer ou raconter n’importe quoi, plus l’élève se considère et est considéré comme le centre de l’école.

En agissant mal ou en bravant l’autorité, l’élève n’est-il pas au fond désireux de faire parler de lui, de se situer au centre des problèmes et d’une certaine manière de garder le lien avec l’institution au risque constant de perdre ce lien ?

En déjouant ce système, et en le mettant nous même au centre grâce à la circulation de l’information et à la synergie entre professeur et administration, l’élève se trouve quelque peu « coincé » et se lasse souvent de faire des bêtises ou d’aller contre l’autorité.

Il faut aussi prendre en compte que bien des parents -peut-être épuisés- ne cadrent plus leur enfant, ou par peur du désamour renoncent à être autoritaire : ils acceptent de négocier cette autorité et se font vite recalés par les arguments des EIP, par leur humour aussi.

Nous devons parfois montrer la voie aussi aux parents tout comme aux enfants que nous ne lâcherons pas, et leur témoigner que malgré notre compréhension nous avons des impératifs que la loi nous impose et que nous devons appliquer.

C’est pourquoi nous montrons à l’élève le chemin à parcourir en lui fixant des objectifs à court termes, en le revoyant pour évaluer si ces objectifs ont été réalisés, en étant nous -mêmes attentif à son parcourt, aux éléments négatifs comme à ceux positifs en le lui disant, en un mot en « portant attention à ».

Voilà quelques unes des stratégies pour entrer en relation avec l’élève, humaniser nos rapports et renverser la vapeur : ce n’est plus l’élève qui nous épuise, c’est nous qui ne le lâchons pas !

Un élève qui a été puni la semaine dernière auquel je demandais à quelle condition une autorité pourrait être acceptée m’a répondu « si l’élève ne se vit pas comme un numéro parmi tant d’autres, si l’élève est considéré comme une personne, si l’autorité est une autorité de proximité ».

Une autorité ne se négocie pas si elle est prévenue d’une part, si elle est reconnue d’autre part et enfin consentie.

Encore plus avec les EIP, nous avons besoin de maintenir coûte que coûte le cadre que l’on s’est fixé, d’énoncer les règles avant même qu’un problème advienne.

Enfin, pour qu’une autorité puisse se développer sans force, être reconnue pour ce qu’elle est : à savoir une volonté de conduire un élève vers l’objectif d’une réussite, de sa réussite, il est nécessaire de faire appel au sens, à la considération de chacun, à l’assentiment de ce projet commun.

Rappelons aussi aux élèves précoces qu’il existe au-delà de nous des impératifs propres aux savoirs auxquels nous devons nous soumettre : nous n’agissons pas forcément en fonction de notre bon vouloir mais en fonction des contraintes liés aux éléments qui dépassent notre individualité.

Cet objectif doit être de part en part contractuel (et là intervient aussi la motivation).

En conclusion je dirai que, avant d’exercer son autorité, cherchons à établir une relation de confiance qui transformera une autorité subie en une autorité librement choisie.

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Motivation, Méthode et Rigueur

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La motivation est un processus, une force qui pousse l’individu à réaliser son objectif.

Encore faut-il avoir un objectif, c’est-à-dire un but que l’on se fixe et qui engage inévitablement à l’action, au travail, et qui une fois réalisé, donne satisfaction et plaisir. En effet, réaliser un objectif c’est gagner ce vers quoi on tendait. Pour nos élèves et étudiants les objectifs sont naturellement, réussir leur prépa HEC, leur parcours au lycée ou leur baccalauréat.

Ainsi il existe sans doute beaucoup de manières d’accéder à un objectif et de mettre en place des strates de motivation (interne, externe), cependant l’élément moteur de toute motivation est l’estime de soi ou/et le besoin de reconnaissance.

La motivation ne va donc jamais sans effort / travail et sans méthode, consciente ou inconsciente.

Certes, il existe des méthodes pour motiver la motivation tel que : Le plaisir de la nouveauté, l’envie de se dépasser, la recherche de la reconnaissance d’autrui, la valorisation, la confiance en soi. Mais toutes ce méthodes doivent être mises en place dès le très jeune âge et la crise de l’adolescence est souvent une remise en question de tous ces points.

Alors, quoi faire?

Un savant mélange de plaisir au savoir, de méthodes et de rigueur s’avère nécessaire pour redonner du tonus au désir de réussir.

En effet, la réussite entraîne la réussite, l’échec produit une spirale de l’échec et pour contrer ce dernier processus, il me semble qu’il faille, avant tout mettre en oeuvre tout un processus d’organisation au travail et de méthodes qui obligent de fait l’élève à progresser. Ainsi, bien souvent des rituels de travail forcent au travail et donc permettent des résultats.

Et un résultat positif entraîne obligatoirement du plaisir et pousse ainsi à continuer ce processus. C’est pourquoi on peut faire naître la motivation au travail en posant un contrat avec l’élève de réaliser d’abord formellement un programme qu’on lui prescrit.

Pour cela il faut tout d’abord qu’une relation de synergie apparaisse entre le professeur et l’élève et que l’élève ait au moins plaisir ou intérêt à accepter ce contrat que lui propose le professeur.
Là intervient sans doute une relation affective qui évoluera vers plus d’autonomie quand ce processus se réalise pendant un certain temps. C’est ensuite ce rituel de rigueur et de méthode qui impliquera l’élève au travail, et comme on le sait le travail produit de la richesse, à savoir ici une réussite.