plasticité psychique

Valoriser
le potentiel grâce
à la plasticité psychique

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Cet article a pour origine et est un résumé de la conférence du professeur Peter Punin, lors des journées portes ouvertes du lycée Ipécom Paris 2016.

La précocité représente un potentiel. Mais, pour ne pas devenir contre-productif, ce potentiel doit être valorisé par des stratégies adaptées et celles-ci ne s’improvisent pas.

Comprendre l’expression « plasticité psychique »

La plasticité cérébrale

Le terme de plasticité est utilisé en neurobiologie dès les années 1970. Ce concept fait référence à la plasticité d’un matériau qui est sa propriété à modifier sa forme sous l’effet d’une action et à la conserver à l’arrêt de cette action. Aussi en neurobiologie, la plasticité désigne la modification d’une propriété, ou d’un état, face à une modification de l’environnement, c’est-à-dire face à un stimulus externe.

Plasticité neuronale, neuroplasticité ou encore plasticité cérébrale sont des termes génériques qui décrivent les mécanismes par lesquels le cerveau est capable de se modifier lors des processus de neurogenèse dès la phase embryonnaire ou lors d’apprentissages. Elle s’exprime par la capacité du cerveau de créer, défaire ou réorganiser les réseaux de neurones et les connexions de ces neurones. Le cerveau est ainsi qualifié de « plastique » ou de « malléable ».

Plus simplement, nous pouvons dire que la plasticité du cerveau (neuroplasticité, plasticité cérébrale ou neuronale) désigne la capacité de ce dernier de modifier l’organisation de ses réseaux de neurones ou cellules nerveuses, en fonction des expériences vécues.

La plasticité psychique

Il ne faut pas confondre « plasticité psychique » et « plasticité cérébrale ».

La plasticité psychique est cette capacité à figurer les objets psychiques « ancrés » au corporel, c’est une mise en figure de cette « vérité cubique »,  de les nommer et de les faire circuler entre ces délimitations qui sont le dedans et le dehors du sujet, pour ainsi donner aux objets, à la sculpture, aux personnes et aux organismes vivants une consistance « corporelle ». Condition nécessaire pour le sujet pour son « être dans le monde » et pour qu’une altérité soit possible. Cette notion de plasticité psychique esquissée dans la pensée freudienne est définie par Fernando Bayro-Corrochano dans « La plasticité psychique : une figuration « cubique » en extension vers l’objet »

C’est cette circulation entre l’intérieur et l’extérieur à partir de l’objet, qui fonde la plasticité psychique.

Cette plasticité psychiques est partagée par tous les humains, mais à des degrés divers. On appelle la plasticité psychique hautement développée « esprit de synthèse », sachant que ce dernier est déterminant pour l’intelligence.

L’adolescence précoce sous l’angle de la plasticité psychique

1- Le problème de départ

En soi, la précocité est un phénomène positif. Et pourtant, en pratique, la précocité entraîne dans une majorité de cas de sérieux problèmes pour l’adolescent lui même, pour ses parents, ses enseignants ; problèmes engendrant pour l’ensemble des protagonistes impliqués un climat d’incompréhension réciproque.

2- Un faux paradoxe

En fait, ce qui précède ne représente pas une contradiction. La précocité est positive en tant que potentiel. Mais un potentiel dans le meilleur des cas ne sert à rien, s’il n’est pas réalisé. La réalisation d’un potentiel dans un contexte complexe, systémique, est très difficile. Le moindre facteur perturbateur suffit alors pour transformer le potentiel positif en négativité globale.

Pour l’ensemble des problèmes liés à l’adolescence précoce, il existe des explications standard :

a – En raison de ses facilités, le précoce ne cultive pas le sens du travail. Cela se retourne contre lui, lorsqu’il faut travailler malgré tout.

b – Son âge mental étant par définition en avance sur son âge réel, le précoce s’ennuie en classe, ce qui entraîne une baisse de niveau et l’antipathie des enseignants.

Et encore, s’apercevant et étant aperçu comme quelqu’un de différent, le précoce est confronté à des difficultés relationnelles au sein de son groupe. S’y ajoutent des difficultés intra-générationnelles. Recherchant la compagnie des adultes, tenant un discours d’adulte, il est perçu comme un petit adulte, comme quelqu’un jouant à l’adulte, comme donneur de leçons ou génie avant l’heure et ainsi de suite.

Mais les tentatives d’explication précédentes, la liste est loin d’être exhaustive, comportent certes une bonne part de vérité. Mais elles négligent la dimension plasticité psychique. C’est à ce niveau que résident en dernier lieu les racines du problème. C’est là également que nous devons chercher les solutions.

Retour à la plasticité psychique et son rôle au sein de l’intelligence

La plasticité psychique nous permet potentiellement de :

  • développer une vision globale
  • faire le lien entre les choses
  • situer les choses dans leur contexte
  • considérer le changement en fonction du contexte changeant tout en anticipant et en nous adaptant.

Une plasticité psychique hautement développée représente donc une condition préalable à l’exercice de ce que nous désignons couramment par intelligence. Et rappelons l’importance de l’esprit de synthèse au sein de l’intelligence, sachant que sans plasticité du psychisme, la notion même d’esprit de synthèse n’aurait pas de sens.

Pourtant, on ne le répète jamais assez : la plasticité psychique représente un potentiel qui par définition nous permet potentiellement de réaliser des choses formidables. Mais ce potentiel doit être piloté, sinon les choses risquent d’aller dans tous les sens. C’est sous cet angle que nous devons chercher la solution aux problèmes liés à la précocité, dont il s’agit de développer l’épanouissement.

La plasticité psychique chez le précoce : atouts et effets pervers

Doté d’une intelligence en avance sur son âge, le précoce possède nécessairement une plasticité psychique hors du commun. Ce point est confirmé par l’observation. Mais, dans un premier temps, les données de l’observation indiquent aussi les dangers de la précocité.

Une première observation récurrente

Le précoce a très souvent appris à lire et à écrire par ses propres moyens, et ce environ un an avant sa scolarisation. Lui ou elle-même ne sait pas exactement comment. C’est une sorte d’émergence sur fond d’intuition. Ces facteurs résument à eux seuls l’idée de plasticité psychique.

Mais cette performance a son effet pervers. Au moment de sa scolarisation, lorsque les autres enfants acquièrent les premiers rudiments, le ou la précoce ne comprend pas ce qu’on veut de lui.

Une seconde observation saisissante

De nombreux précoces se posent des questions d’ordre métaphysique ou religieux sur le sens de la vie, mais aussi de l’existence en général. Ces interrogations ne sont pas partagées par les autres adolescents de leur âge. Même de nombreux adultes ne s’intéressent pas spécialement à ce type d’interrogation.

Ce qui précède témoigne d’une extraordinaire faculté d’approfondissement chez les précoces.

Mais cette extraordinaire faculté d’approfondissement, merveilleuse en soi, entraîne un effet pervers évident : Le regard très différent que portent les précoces sur l’existence se traduit par de sérieux troubles au niveau de la communication avec autrui. C’est un problème de fond qui se cache derrière ses symptômes, comme par exemple l’impression que les précoces « singent les adultes » etc.

Avant d’envisager des solutions, deux mises en garde :

Pour les raisons évoquées antérieurement, la précocité peut entraîner des comportements négatifs tels que la turbulence, la dés-implication, le renfermement sur soi etc. Mais certains précoces reconnus développeraient des comportement analogues, même si ils n’étaient pas des précoces. Les solutions envisagées ne concernent que des problèmes en rapport direct avec la précocité.

Ici, il s’agit juste d’évoquer l’existence de solutions, et plus précisément la possibilité de trouver des solutions lorsqu’on sait les chercher là où elles se trouvent. Mais ces grandes lignes ne suffisent pas pour comprendre des cas individuels. Souvent, un suivi personnalisé s’impose.

Des solutions systémiques

La plasticité psychique a été identifiée comme un phénomène systémique. Des problèmes liés à la plasticité psychique hautement développée des précoces exigent donc des solutions elles aussi systémiques.

En d’autres termes, il serait inutile et même contre-productif de s’attaquer directement à des problèmes, « l’indiscipline », « la paresse », isolés de leur contexte. La solution est nécessairement globale.

La contrainte vue au second degré

Des chercheuses et chercheurs reconnus dans ce domaine, comme Huguette Hostyn ou J.C. Terrassier, mettent en avant la nécessité de contraintes. Mais ce n’est pas la contrainte au sens traditionnel, aperçue comme finalité en soi.

Ici, il s’agit d’amener le précoce à la prise de conscience que des contraintes existent bel et bien, que nous n’y pouvons rien, que ce problème doit être géré et qu’un précoce est particulièrement bien placé pour gérer ce problème.

Sous cet angle, la contrainte subie est transformée en problème à résoudre de manière active, autrement dit, en défi, ce qui change tout.

La plasticité psychique hautement développée des précoces favorise chez ces derniers la faculté de viser les choses au second degré, autrement dit facilite

  • la prise de conscience de la contrainte en tant que défi et
  • l’adoption d’une attitude appropriée face à ce défi.

Tirer vers le haut par opposition à tirer vers le bas

J.C. Terassier signale un problème qu’il appelle « dyssynchronie ». La précocité ne concerne généralement que l’évolution intellectuelle de l’enfant. Sur le plan affectif, l’âge mental du/de la précoce correspond à son âge réel.

Les précoces partagent donc avec les autres enfants l’ensemble des problématiques affectives liées à la vie en groupe.

Par le biais d’un effet systémique indésirable, la collusion des problèmes affectifs et des problèmes spécifiques de précocité génèrent chez le précoce une synergie négative aux conséquences souvent désastreuses.

Un problème classique d’ordre affectif lié à la vie en groupe consiste en le fait que les faibles sur le plan scolaire essayent de tirer les plus forts vers le bas, et que les plus forts souvent se prêtent à ce jeu.

De manière visible ou non, les précoces ont tendance à s’aligner sur ce schéma.

Une fois de plus, la contrainte transformée en défi représente probablement la seule solution. Le précoce doit prendre conscience qu’il est plus intelligent de tirer les autres vers le haut que de l’aligner sur les plus faibles.

A ce propos, aucun laisser aller ne peut être toléré.

L’éveil du goût de l’effort et son retour global

Le goût de l’effort peut être éveillé dans n’importe quel domaine. Il n’est pas nécessaire, voire pas souhaitable, que cela se fasse dans le contexte scolaire proprement dit. En effet, la plasticité psychique prononcée chez le précoce opère d’elle-même le retour d’investissement escompté.

De nombreux praticiens ont constaté que la seule incitation faite aux précoces de remettre de l’ordre dans leur chambre et de garder cet ordre intact, incitation suivie de contrôles réguliers, entraîne de vrais miracles. Le rangement régulier de la chambre n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Le choix de la bonne approche dépend de personnalité du précoce à suivre. L’important est d’inciter ce dernier à tenir un journal de bord de son suivi.

Ce journal de bord sera au départ un chef-d’œuvre d’ironie fine, où le précoce prouve ses facultés de prendre avec humour des mesures qui lui semblent parfaitement absurdes.

Mais, à moyen terme, les résultats sont là. Nous l’observons dans notre classe pour élèves à haut potentiel et parfois dans les classes de notre lycée.

Activités d’éveil « intra-extrascolaires »

Des activités scientifiques ou artistiques au sens large comprenant la musique, la danse, le théâtre et ainsi de suite favorisent de toute évidence l’éveil intellectuel, sachant que la plasticité psychique propre aux précoces opère aussi dans ce cas de figure un retour globalement bénéfique.

Idéalement, cet effet global s’épanouit par la pratique de ces activités extrascolaires dans le cadre de l’institution.

Les élèves ayant choisi l’option théâtre proposée par Ipécom Paris non seulement obtiennent d’excellents résultats à l’examen, avoisinant ou atteignant les 20/20, mais encore en tirent des bénéfices considérables au niveau global de leur développement personnel et scolaire.